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Vision Royale : relier l’Afrique

Le Maroc à la croisée des souverainetés africaines

Par la Fondation Trophée de l’Africanité – Fête du Trône 2025

Depuis le 30 juillet 1999, date de son intronisation, le Roi Mohammed VI s’attache à redéployer la diplomatie marocaine sur de nouvelles bases. Vingt-six ans plus tard, le Royaume est devenu un acteur pivot du continent africain, alliant influence politique, rayonnement économique et ancrage culturel. Plus de deux décennies d’une stratégie africaine méthodique ont transformé Rabat en l’un des pôles de stabilité et d’intégration du Sud global.

Avec plus de 1 100 accords signés avec des pays africains depuis 2000, plus de 50 visites royales effectuées dans 32 pays du continent, et un volume d’investissement cumulé de plus de 4 milliards de dollars en Afrique subsaharienne, le Maroc s’est imposé comme un partenaire stratégique dans des secteurs clés : finance, agriculture, santé, énergies renouvelables, formation, logistique.

Cette stratégie de proximité, souvent qualifiée de diplomatie du terrain, s’est accompagnée d’un retour politique structurant : le réintégration du Maroc au sein de l’Union africaine en janvier 2017, après 33 ans d’absence. Un tournant symbolique, mais aussi tactique, qui a permis au Royaume de retrouver une place pleine et entière dans les institutions panafricaines.

Sur le plan économique, le Maroc a misé sur une offre africaine lisible. En témoignent les déploiements de groupes bancaires comme Attijariwafa Bank (présente dans 15 pays), la Banque Populaire (BCP, implantée dans 18 pays), ou encore la Royal Air Maroc (desservant aujourd’hui 27 destinations africaines). Ce réseau continental d’entreprises marocaines forme aujourd’hui ce que certains analystes nomment la « diplomatie entrepreneuriale ».

Mais c’est peut-être dans le domaine des infrastructures que la vision royale atteint sa pleine dimension stratégique. Le Gazoduc Atlantique Maroc–Nigeria, long de 5 600 à 6 000 kilomètres, censé traverser 13 pays africains et alimenter directement l’Europe via le Maghreb, incarne cette double ambition : l’intégration énergétique du continent et la souveraineté face aux dépendances extérieures. Le projet, cofinancé par la Banque islamique de développement, la NNPC nigériane et l’ONHYM, est estimé à plus de 25 milliards de dollars et ambitionne de toucher plus de 400 millions de consommateurs.

Autre initiative géopolitique majeure : l’Initiative Atlantique lancée par le Roi en novembre 2023, qui entend offrir un accès sécurisé à la mer aux pays sahéliens enclavés comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger. En leur ouvrant les plateformes portuaires marocaines – Tanger Med (96 millions de tonnes de trafic en 2024), Nador West Med ou Dakhla Atlantique – le Maroc propose non seulement un débouché logistique, mais aussi une alternative stratégique à la dépendance vis-à-vis des façades côtières instables.

Cette diplomatie du corridor – gazier, portuaire, routier – s’articule également avec l’ambition africaine de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), entrée en vigueur en 2021. Le Maroc défend l’idée d’une Afrique interconnectée, capable de bâtir ses propres chaînes de valeur régionales, du champ au port, du kilowatt au produit transformé.

Le soft power Royal s’appuie également sur la diplomatie religieuse et culturelle. L’Institut Mohammed VI pour la formation des imams, morchidines et morchidates à Rabat a formé plus de 3 000 étudiants africains depuis sa création, venus du Sénégal, du Mali, du Tchad ou encore de Guinée. Une manière d’exporter un islam modéré et d’offrir un contre-récit au salafisme politique.

Sur le plan sportif, le Maroc s’est imposé comme puissance montante du football continental. Le pays a investi plus de 2 milliards de dirhams dans ses infrastructures sportives, avec le complexe Mohammed VI de football à Salé et des stades aux normes FIFA. L’organisation conjointe de la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal, officialisée par la FIFA en 2023, est perçue comme une consécration diplomatique et logistique.

Le Royaume est également un acteur central dans le financement africain. Il siège dans les conseils d’administration de la Banque africaine de développement (BAD), de la BADEA, du Fonds saoudien de développement, ou encore du Fonds de l’OPEP. Le Maroc est aussi un membre fondateur d’Africa50, plateforme d’investissement dans les infrastructures. À travers Bank Al-Maghrib, membre actif de l’Association des banques centrales africaines, le pays renforce ses partenariats monétaires, notamment avec la BCEAO, pour superviser les filiales bancaires marocaines dans l’UEMOA.

Mais la stabilité ne saurait être une fin en soi. Le Royaume fait face à de nombreux défis : réduire les inégalités territoriales, accompagner une jeunesse dynamique (plus de 45 % de la population a moins de 25 ans), moderniser ses services publics, et traduire les grandes visions diplomatiques en retombées concrètes pour les citoyens. Le Nouveau Modèle de Développement (NMD), publié en 2021, fixe un cap ambitieux pour 2035 : croissance inclusive, capital humain renforcé, innovation locale. Sa mise en œuvre reste une course contre le temps.

En cette Fête du Trône 2025, l’Afrique ne se développera pas à la marge du monde, mais en s’organisant comme un acteur à part entière de la recomposition mondiale. Alors que les tensions globales redessinent les cartes d’influence, le Royaume se positionne comme puissance d’articulation, entre le Nord et le Sud, entre l’Ouest et l’Est du continent.

La Fondation Trophée de l’Africanité rend hommage à cette vision du Nouveau Maroc  car dans une Afrique en quête d’unité et de souveraineté, le lien est la première puissance.

 

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