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Lettre ouverte à Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye

Nasrallah Belkhayate, Chercheur en diplomatie multilatérale et Président de la Fondation Trophée de l'Africanité

 

À Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye
Président de la République du Sénégal
Palais de la République
Dakar, Sénégal

Objet : Les liens sacrés de fraternité entre le Royaume du Maroc et la République du Sénégal – Un héritage spirituel et une destinée commune

Excellence Monsieur le Président,

C’est avec une émotion profonde et un respect empreint de gratitude envers le Tout-Puissant que je m’adresse à Votre Excellence, en ma qualité de chercheur marocain en diplomatie multilatérale et de Président de la Fondation Trophée de l’Africanité, humble serviteur du dialogue panafricain et de l’excellence continentale.

Permettez-moi, Excellence, d’invoquer d’emblée la Miséricorde Divine qui a tissé, depuis des siècles, les fils invisibles mais indestructibles qui unissent le Royaume du Maroc et la République du Sénégal.

Car notre fraternité ne relève pas du hasard de l’histoire : elle est un don du Créateur, une bénédiction inscrite dans le cœur de nos peuples, nourrie par une foi commune, une culture partagée et une vision solidaire de l’humanité.

Bien avant les chancelleries et les protocoles, nos deux nations ont été sœurs par l’esprit.
Les caravanes qui traversaient le Sahara ne transportaient pas seulement des marchandises, mais des prières, des savoirs et des espérances.

On ne voit bien qu’avec le cœur, disait le sage, et c’est avec le cœur que nos peuples se sont toujours reconnus, par-delà les dunes et les océans.

Les confréries soufies, les écoles coraniques, les pèlerinages partagés ont façonné un islam africain lumineux, tolérant et profondément humaniste – cet islam du juste milieu que nos deux pays incarnent avec fierté et responsabilité, comme on protège une flamme fragile dans la nuit du désert.

Le Sénégal et le Maroc ont toujours été des phares spirituels sur notre continent.

Nous partageons cette conviction sacrée que la foi ne divise pas, mais rassemble ; qu’elle ne ferme pas, mais ouvre les cœurs à la fraternité universelle.

Et lorsque je songe à cette fraternité, Excellence, c’est l’image de la Grande Mosquée de Dakar qui s’impose à mon esprit comme s’impose à l’aviateur perdu l’étoile qui le guide vers sa demeure.

Cette mosquée majestueuse qui se dresse face à l’Atlantique n’est pas simplement un édifice de pierres et de marbre.

Elle est le symbole vivant de notre fraternité, le témoignage architectural de ce que deux peuples peuvent accomplir lorsqu’ils décident de bâtir ensemble.

Don généreux de Sa Majesté feu le Roi Hassan II – que Dieu illumine sa tombe – au peuple sénégalais, elle raconte mieux que tous les traités diplomatiques cette vérité simple et profonde : le Maroc et le Sénégal sont liés par quelque chose d’essentiel, quelque chose que l’on ne peut mesurer mais seulement ressentir, comme on ressent la présence du vent dans le désert sans jamais le voir.

Chaque jour, des milliers de fidèles se prosternent sous ses coupoles, priant le même Dieu, dans la même langue sacrée, portés par la même espérance.

Et dans chacune de ces prières monte vers le ciel la preuve que nos nations ne font qu’une dans l’essentiel.
Car l’essentiel est invisible pour les yeux, Excellence.

L’essentiel se trouve dans ces gestes de générosité qui transcendent les calculs, dans ces actes de foi qui dépassent les intérêts, dans cette certitude partagée que nous sommes responsables les uns des autres, comme le berger est responsable de son troupeau.

L’histoire moderne de nos relations est jalonnée de figures lumineuses dont les âmes reposent désormais dans la paix éternelle, mais dont l’héritage continue de nous guider comme les étoiles guident le navigateur.

Le Président-Poète Léopold Sédar Senghor – que Dieu accueille son âme dans Sa Sainte Miséricorde – a su, avec Sa Majesté le Roi Hassan II (Paix à son âme ), poser les fondations spirituelles et intellectuelles de notre partenariat.

Leur dialogue était celui de deux jardiniers patients qui savent que les plus beaux arbres mettent des années à pousser, mais qu’une fois enracinés, ils défient les tempêtes et offrent leur ombre aux générations futures.

Ils étaient deux bâtisseurs de ponts entre les cultures, deux visionnaires qui comprenaient que l’Afrique ne se construirait que dans l’unité et la dignité, pierre après pierre, acte après acte, génération après génération.
Le Président Abdou Diouf a perpétué cette œuvre avec la sagesse de celui qui sait que l’on n’hérite pas la terre de ses ancêtres, on l’emprunte à ses enfants.

Il a consolidé nos liens économiques tout en préservant cette dimension humaine et spirituelle qui fait de notre partenariat non pas un simple calcul d’intérêts, mais une amitié véritable, celle qui survit aux saisons et aux épreuves.

Le Président Abdoulaye Wade, avec son énergie communicative et sa foi inébranlable dans le potentiel africain, a compris cette vérité simple que seuls les hommes libres comprennent : on ne construit pas seul, on construit ensemble.

Il a insufflé un nouvel élan à notre coopération, faisant du Maroc non pas un partenaire parmi d’autres, mais un frère dans l’aventure du développement.

Et sous la présidence de Son Excellence Macky Sall, notre partenariat a atteint une maturité stratégique exceptionnelle, faisant du Royaume Chérifien le premier investisseur africain au Sénégal.

Mais cette primauté, Excellence, n’est pas une victoire commerciale : c’est la confirmation d’une fraternité.
Car on n’investit véritablement que là où l’on croit, on ne construit durablement que là où l’on aime, on ne s’engage profondément que là où l’on se sent chez soi.

Votre élection en 2024, Excellence Monsieur le Président, a été perçue au Maroc non comme un simple changement politique, mais comme l’aube d’un nouveau jour.

Votre jeunesse, votre intégrité, votre attachement aux valeurs panafricaines et votre vision d’un Sénégal souverain et prospère résonnent profondément avec les aspirations de notre continent et avec la philosophie qui anime le Royaume du Maroc sous la sage conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI – que Dieu le glorifie.

Nous sommes convaincus que votre leadership éclairé prolongera et enrichira cette fraternité séculaire, l’adaptant aux défis de notre temps tout en préservant son essence spirituelle et humaniste, car ce qui compte n’est jamais de rompre avec le passé, mais de le porter vers l’avenir.

La présence de près de 200 000 Sénégalais au Maroc n’est pas une simple statistique migratoire que l’on consigne dans les registres administratifs.

C’est la manifestation vivante de notre unité, la preuve tangible que nos frontières ne sont que des lignes tracées sur des cartes, alors que nos cœurs, eux, ont depuis longtemps aboli les distances.

Ces frères et sœurs sénégalais qui vivent, étudient, travaillent et prient au Maroc ne sont pas des étrangers – ils sont chez eux, comme le Petit Prince était chez lui partout où il trouvait un ami.

Ils enrichissent notre tissu social, apportent leur créativité à notre économie, et perpétuent, par leur présence quotidienne, cette vérité simple mais profonde : nous sommes responsables de ceux que nous avons apprivoisés, et nos deux peuples se sont apprivoisés mutuellement depuis si longtemps qu’ils ne peuvent plus vivre l’un sans l’autre.

De même, les nombreux Marocains établis au Sénégal témoignent de cette confiance mutuelle, de cette certitude partagée que nous sommes un seul peuple, séparé seulement par la géographie, mais uni par tout ce qui compte vraiment : la foi, les valeurs, l’histoire et l’avenir.

Car les liens véritables ne se mesurent pas en kilomètres, mais en profondeur d’âme.

La récente tenue de la 15ᵉ session de la Commission mixte supérieure Maroc-Sénégal en janvier 2026, couronnée par la signature de 17 accords de coopération, n’est pas un simple succès diplomatique à célébrer dans les communiqués officiels.

C’est un pacte fraternel renouvelé, une promesse solennelle de marcher ensemble vers le développement et la prospérité, main dans la main, comme marchent les caravaniers à travers le désert, sachant qu’ils ne survivront que s’ils restent solidaires.

Ces accords – qui touchent à l’enseignement supérieur, aux infrastructures, à la sécurité, à l’industrie – sont les briques concrètes d’une cathédrale commune que nous bâtissons ensemble, génération après génération, sous le regard bienveillant du Tout-Puissant.

Et comme toute cathédrale, elle ne sera jamais achevée, car chaque génération aura à cœur d’y ajouter sa pierre, son savoir-faire, sa foi.

Excellence Monsieur le Président, le Maroc et le Sénégal portent une responsabilité historique sacrée qui dépasse de loin leurs frontières respectives.

Nous sommes les gardiens d’un islam authentique et tolérant dans un monde qui a tant besoin de cette voix de sagesse.

Nous sommes les défenseurs d’une Afrique digne et souveraine à une époque où notre continent cherche encore sa place dans le concert des nations.

Nous sommes les bâtisseurs d’un avenir où nos enfants vivront dans la paix, la prospérité et la justice, car nous savons que nous n’héritons pas seulement de nos pères, nous empruntons aussi à nos fils.

Cette mission dépasse nos deux nations.

Elle concerne tout le continent.

Et nous sommes convaincus que, main dans la main, cœur contre cœur, prière après prière, le Maroc et le Sénégal continueront d’incarner le meilleur de l’Afrique et de montrer au monde que la fraternité n’est pas une utopie, mais une réalité tangible et fertile.

Car c’est le temps que l’on consacre à ses relations qui rend ces relations importantes, et nos deux pays ont consacré des siècles à cultiver cette fraternité.

Excellence Monsieur le Président, permettez-moi, avant de conclure, de vous confier ce qui donne à mes mots leur poids de vérité et leur chaleur de conviction.

Car on ne parle bien que de ce que l’on a vécu, on ne défend vraiment que ce que l’on porte en soi.
Je suis moi-même un enfant du Sénégal.

Les bancs de l’école Faidherbe, les salles de classe de l’école du Plateau, les couloirs du lycée Van Vollenhoven ont été le théâtre de mon enfance, le creuset de ma formation, le jardin où mes racines se sont mêlées à celles de mes camarades sénégalais.

C’est là, sur cette terre généreuse de Dakar, que j’ai appris mes premières leçons de fraternité véritable, non pas celle que l’on proclame dans les discours, mais celle que l’on vit au quotidien, dans le partage du pain, dans les rires de la récréation, dans les amitiés d’enfance qui façonnent un homme pour toujours.

Et si je suis cet enfant du Sénégal, c’est aussi grâce à mon père Haj Mohammed Belkhayate qui, avant de devenir semeur de savoir sur les terres sénégalaises, fut chef de la résistance au temps du protectorat, homme de conviction et de dignité – que Dieu accueille son âme dans Sa Sainte Miséricorde.

Pendant quinze années de sa vie, il a servi sur les terres du Sénégal, de la Casamance à Podor, de Dakar à Thiès, de Kaolack aux confins du pays, formant des générations d’enseignants arabophones avec la passion du jardinier qui sait que chaque graine plantée donnera un arbre qui portera ses fruits pendant des décennies.

Il n’était pas là en conquérant ni en visiteur de passage, mais en bâtisseur patient, en semeur d’espoirs, en frère parmi ses frères.

Il a donné au Sénégal le meilleur de lui-même, et le Sénégal lui a rendu au centuple en amitié, en reconnaissance, en humanité partagée.

En cette occasion solennelle, Excellence, je rends hommage à cet homme qui m’a transmis, non par les mots mais par l’exemple, que le véritable service ne se mesure pas en années mais en profondeur d’engagement, que la vraie fraternité ne se proclame pas mais se vit, jour après jour, acte après acte.

Mon père a été l’un de ces milliers d’artisans anonymes de la fraternité maroco-sénégalaise, l’un de ces bâtisseurs silencieux qui ont posé, pierre après pierre, l’édifice magnifique de nos relations.

Et je sais, Excellence, que des milliers d’autres hommes et femmes, Marocains au Sénégal et Sénégalais au Maroc, ont eux aussi donné de leur temps, de leur savoir, de leur cœur, pour tisser ces liens qui nous unissent.

Oui, Excellence Monsieur le Président, nos liens sont profonds et inattaquables.

Ils ne reposent pas sur des traités que l’on peut déchirer, sur des intérêts que l’on peut renier, sur des calculs que l’on peut réviser.

Ils reposent sur des vies partagées, sur des mémoires communes, sur des destins entrelacés.

Ils sont gravés dans la chair de notre histoire collective, inscrits dans le cœur de nos peuples, scellés par des générations d’hommes et de femmes qui ont choisi de construire ensemble plutôt que de vivre séparés.

L’hospitalité sénégalaise n’est pas pour moi un concept abstrait consigné dans les manuels de diplomatie.
C’est le visage souriant de ceux qui ont entouré et bercé mon enfance, c’est la chaleur des familles qui m’ont accueilli comme leur fils, c’est la générosité d’un peuple qui ne fait jamais de différence entre l’invité et le sien.

Le Sénégal m’a offert ce qu’il a de plus précieux : son hospitalité légendaire, sa « Teranga » qui n’est pas seulement un mot, mais une philosophie de vie, une manière d’être au monde qui enseigne que l’étranger n’existe pas, qu’il n’y a que des frères que l’on n’a pas encore rencontrés.

Pour tout cela, Excellence, je suis profondément reconnaissant.

Et c’est précisément cette gratitude, ancrée dans la chair de mon expérience et dans la mémoire de mon cœur, qui nourrit aujourd’hui mon engagement indéfectible.

Je veux que le Sénégal d’aujourd’hui et de demain continue, avec mon pays le Maroc, à écrire cette histoire fraternelle qui a marqué mon enfance et celle de mon père avant moi.

Je veux que nos deux nations poursuivent ensemble ce chemin commun, car c’est mon histoire personnelle qu’elles portent, c’est mon identité qu’elles incarnent, c’est ma foi en l’Afrique qu’elles nourrissent.

Je sais, Excellence, que les épreuves sont nécessaires.

Comme le pilote qui traverse la tempête devient meilleur aviateur, comme le métal que l’on trempe devient plus résistant, les peuples qui surmontent ensemble les défis forgent des liens plus forts que l’acier.

Ces épreuves ne nous affaiblissent pas : elles nous fortifient dans notre foi mutuelle et dans notre vision panafricaine pure, celle qui ne calcule pas, celle qui ne marchande pas, celle qui sait que l’essentiel ne se négocie jamais.

Car ce que le Maroc et le Sénégal construisent ensemble transcende les intérêts immédiats et les calculs à court terme.

Nous bâtissons pour l’éternité, nous semons pour les générations futures, nous créons des liens qui survivront aux tempêtes parce qu’ils sont fondés sur la vérité, la foi et l’amour fraternel.

Ces liens, Excellence, sont notre héritage le plus précieux et notre promesse la plus sacrée aux générations qui viendront après nous.

Soyez assuré, Excellence, que notre engagement à servir cette fraternité sacrée est total et inconditionnel.
À travers la société civile, la recherche académique et toutes les voies que la Providence nous ouvrira, nous œuvrerons sans relâche au raffermissement des liens exceptionnels qui unissent nos deux pays et nos deux peuples.

Nous le ferons avec la patience du jardinier qui sait que les plus belles fleurs demandent du temps, avec la détermination du bâtisseur qui pose chaque pierre comme si elle était la première, avec l’amour du berger qui veille sur son troupeau.

Que Dieu Tout-Puissant, dans Sa Sagesse Infinie, continue de bénir le Maroc et le Sénégal, de protéger nos dirigeants, de guider nos pas sur le chemin de la fraternité et du développement, et de faire de notre partenariat un modèle de réussite pour toute l’Afrique et pour l’humanité.

Car ce n’est qu’ensemble, Excellence, que nous créerons des liens.

Et quand on a créé des liens, on devient responsable pour toujours de ce qu’on a apprivoisé.

Je vous prie d’agréer, Excellence Monsieur le Président, l’expression  de mon attachement fraternel indéfectible.

 

 

 

 

 

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