Le Maroc soutient l’Initiative chinoise de Gouvernance Mondiale

À Pékin, les 19 et 20 septembre 2025, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a rencontré son homologue chinois Wang Yi dans un climat empreint de respect et de confiance. Cette rencontre, qui marque une nouvelle étape dans l’histoire des relations sino-marocaines, a été l’occasion pour le Royaume de réaffirmer la profondeur de son partenariat avec la Chine, mais aussi d’apporter son appui à une initiative appelée à transformer l’équilibre mondial : l’Initiative de Gouvernance Mondiale.
Dès l’ouverture des entretiens, Nasser Bourita a transmis les salutations chaleureuses de Sa Majesté le Roi Mohammed VI au Président Xi Jinping, témoignant du lien de considération mutuelle entre les deux Chefs d’État. Le ministre marocain a rappelé que le Royaume adhère fermement au principe d’une seule Chine et soutient pleinement Pékin dans la défense de sa souveraineté nationale et de sa sécurité. Cet engagement, constant et clair, s’inscrit dans la tradition marocaine d’une diplomatie respectueuse des principes du droit international et attachée à la stabilité mondiale.
Mais au-delà de cette réaffirmation politique, le Maroc a exprimé sa volonté d’approfondir davantage la coopération dans le cadre de l’Initiative « la Ceinture et la Route ». Déjà, les projets communs témoignent d’une synergie concrète : infrastructures portuaires, investissements industriels, coopération énergétique, sans oublier l’essor du tourisme, de l’éducation et de la culture. Le Maroc a choisi d’être un pont, et la Chine, une passerelle, ensemble bâtissant des corridors de prospérité partagée entre l’Afrique, le monde arabe, l’Europe et l’Asie.
C’est dans cette logique que Nasser Bourita a déclaré le soutien du Royaume à l’Initiative de Gouvernance Mondiale proposée par la Chine. Dans un monde fragmenté par les crises et traversé par des fractures sociales, économiques et politiques, cette initiative résonne comme une réponse à l’urgence de réinventer la coopération internationale.
L’histoire récente offre un témoignage éclatant : la Chine, en l’espace de quelques décennies, a relevé l’un des défis les plus colossaux de l’humanité, celui de sortir des centaines de millions de personnes de la pauvreté. Plus de 800 millions d’êtres humains ont été libérés de cette condition indigne, redonnant au mot dignité une consistance concrète. Ce n’est pas une simple prouesse statistique, mais la preuve qu’un peuple, guidé par une vision de long terme et une discipline collective, peut transformer son destin.
De ce socle national est née une ambition planétaire. L’Initiative de Gouvernance Mondiale ne prétend pas imposer un modèle unique, mais propose de bâtir un ordre fondé sur l’égalité souveraine des nations, le respect des spécificités culturelles et le multilatéralisme authentique. Comme l’a affirmé le Président Xi Jinping : « Je me réjouis de travailler avec tous les pays en faveur d’un système de gouvernance mondiale plus juste et plus équitable et de progresser vers une communauté d’avenir partagé pour l’humanité. »
Ces paroles, empreintes de sagesse, sont plus qu’une déclaration diplomatique. Elles portent une vision où la coopération supplante la domination, où la diversité des civilisations devient richesse commune, où la prospérité est pensée comme un bien collectif et non comme le privilège de quelques-uns.
Le Maroc, par sa géographie et par son histoire, est naturellement sensible à cette approche. Carrefour entre l’Europe, l’Afrique et le monde arabe, le Royaume a toujours été une terre de rencontre et de médiation. Sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, il s’est imposé comme un acteur incontournable dans la stabilité régionale et la coopération internationale. L’initiative chinoise trouve ainsi au Maroc un allié naturel : un pays qui croit à la paix par le dialogue, à la croissance par le partenariat et à la stabilité par la solidarité.
Le soutien marocain à l’Initiative de Gouvernance Mondiale s’inscrit également dans une dynamique internationale. Déjà, plusieurs Chefs d’État ont salué cette proposition : Vladimir Poutine en Russie, Muhammad Shehbaz Sharif au Pakistan, Aleksandr Loukachenko en Biélorussie, Nicolás Maduro au Venezuela, Anwar Ibrahim en Malaisie et Miguel Díaz-Canel à Cuba. Tous ont vu dans cette initiative une chance de rééquilibrer l’ordre mondial, de donner une place égale aux nations, grandes et petites, et de promouvoir un multilatéralisme inclusif.
Que le Maroc rejoigne cette liste n’est pas anodin. C’est la confirmation que l’Afrique, par la voix de l’un de ses pays phares, s’associe à ce projet. Car pour l’Afrique, la gouvernance mondiale est une question de survie. Elle signifie transformer ses ressources en richesse partagée plutôt qu’en source de conflits, offrir à sa jeunesse un horizon de stabilité et d’espérance, et inscrire ses nations dans le concert international avec dignité.
Les impacts favorables de cette initiative sont multiples. Sur le plan économique, elle encourage la mise en place de corridors commerciaux et financiers qui réduisent les inégalités et renforcent l’intégration régionale. Sur le plan social, elle valorise le droit au développement, rappelant que la dignité humaine est indissociable de l’accès à l’éducation, à la santé et à la justice. Sur le plan culturel, elle promeut le dialogue entre civilisations, fondement d’une paix durable. Et sur le plan diplomatique, elle offre un cadre où les différends se règlent par la concertation et non par la confrontation.
Le Maroc, fidèle à sa vocation, entend contribuer activement à ce chantier. Son rôle de plateforme africaine et atlantique, ses investissements dans les infrastructures modernes, son engagement en faveur des énergies renouvelables et sa politique de coopération Sud-Sud sont autant d’atouts qu’il mettra au service de cette vision mondiale.
Dans un monde où les tensions s’aiguisent et où les équilibres vacillent, la rencontre entre Bourita et Wang Yi prend donc une dimension historique. Elle scelle non seulement une coopération bilatérale exemplaire, mais elle ouvre aussi un horizon universel : celui d’une gouvernance où l’humanité, riche de sa diversité, apprend à respirer ensemble.
Le Maroc soutient l’Initiative de Gouvernance Mondiale de la Chine, non par opportunisme diplomatique, mais par conviction : celle que l’avenir ne peut être écrit par quelques mains dominantes, mais doit être tissé par toutes les nations, dans la sagesse, la dignité et la solidarité.
Ce soutien est une promesse. Promesse faite aux peuples d’Afrique, d’Asie, d’Europe et des Amériques que l’ordre à venir sera plus juste. Promesse faite aux générations futures que la planète sera administrée avec responsabilité. Promesse faite à l’humanité entière que le dialogue triomphera sur la discorde, la coopération sur la domination, la sagesse sur l’orgueil.
Dans la voix marocaine qui s’élève aux côtés de la voix chinoise, c’est l’écho d’un continent et d’un monde qui cherchent à se réconcilier avec eux-mêmes. Et peut-être, dans quelques décennies, l’histoire retiendra que de cette rencontre à Pékin, les 19 et 20 septembre 2025, est née une alliance visionnaire, une alliance qui osa poser la première pierre d’un monde multipolaire, pacifié et fraternel.
Source : Xinhua News Agency
Nasrallah Belkhayate



