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ONU : Quand l’Abstention parle plus que le Veto

Dans les couloirs feutrés du Conseil de sécurité, là où les destins des nations se jouent à voix basse, une scène discrète s’est déroulée le 31 octobre 2025, comme un chapitre oublié d’une grande saga diplomatique. Onze drapeaux se sont levés pour dire « oui » à la résolution 2797, prorogeant le mandat de la MINURSO et, surtout, gravant dans le marbre onusien l’Initiative marocaine d’autonomie comme voie sérieuse et crédible vers la paix au Sahara. Zéro « non ». Et trois silences : ceux de la Chine, de la Russie et du Pakistan.

Ce n’était pas un vote ordinaire. C’était une danse subtile, presque invisible, entre géants. L’Algérie, fidèle à sa ligne, s’était retirée du ballet, laissant la salle sans partenaire adverse. Mais les trois abstentions, elles, n’étaient pas un retrait : elles étaient un pas de côté, élégant, calculé. Aucun veto n’a retenti. Aucun coup de tonnerre n’a brisé la procédure. Le texte est passé, intact, porté par une majorité tranquille.

Et pourtant, dans les rédactions du monde, on a à peine effleuré ces trois silences. On a parlé de victoire américaine, de soutien français, de neutralité algérienne. Mais on a oublié l’essentiel : quand une puissance comme la Russie ou la Chine choisit de ne pas lever le poing, ce n’est pas de la passivité. C’est une forme de respect. Quand le Pakistan, frère d’armes du Maroc dans tant de forums islamiques, s’abstient sans condamner, ce n’est pas de l’indifférence. C’est une forme de solidarité voilée.

Car à l’ONU, le silence n’est jamais vide. Il est lourd de sens. Il dit : « Nous pourrions bloquer. Nous ne le faisons pas. » Il murmure : « Nous voyons la stabilité. Nous la laissons avancer. » Il chuchote, enfin : « Qui ne dit mot consent. »

La Russie, empêtrée dans ses propres tempêtes, n’a pas voulu ouvrir un front de plus au Maghreb. Elle a vu dans le Maroc un partenaire fiable, un fournisseur de phosphates, un pont vers l’Afrique. Elle a laissé filer. La Chine, architecte des nouvelles routes de la soie, a vu dans le Sahara marocain un maillon stable de ses ambitions continentales. Elle a hoché la tête, sans un mot. Le Pakistan, tiraillé entre loyautés anciennes et pressions régionales, a choisi la prudence active : ne pas gêner un allié, ne pas froisser un voisin, mais ne pas non plus trahir une amitié profonde.

Et ainsi, sans tambour ni trompette, le Maroc a gagné plus qu’un vote. Il a gagné un consensus silencieux. Un accord non verbal, tissé dans l’ombre des négociations secrètes, des appels discrets, des sourires échangés entre ambassadeurs. Le plan d’autonomie n’est plus une proposition isolée. Il est devenu, par ce triple silence, une réalité acceptée, même par ceux qui ne l’ont pas acclamée.

C’est ainsi que fonctionne la vraie diplomatie : pas dans les discours enflammés, mais dans les gestes retenus. Pas dans les déclarations tonitruantes, mais dans les absences significatives. Le 31 octobre 2025, trois géants ont choisi de ne pas frapper. Et dans ce non-geste, ils ont offert au Maroc – et à l’Afrique – un avenir plus paisible.

L’histoire, un jour, retiendra ce moment. Pas comme un triomphe bruyant. Mais comme une victoire douce, profonde, durable. Celle d’une nation qui, par sa constance, sa vision et sa fraternité, a su transformer le silence des puissants en musique de paix.

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