Le TAS face à l’affaire Maroc-Sénégal
Analyse d' une jurisprudence qui pourrait redéfinir l'avenir du football africain ?

La communauté du football international retient son souffle alors que le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) s’apprête à examiner l’appel déposé par la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) contre la Confédération Africaine de Football (CAF).
Au cœur du litige se trouve la décision controversée de la CAF de ne pas disqualifier l’équipe du Sénégal suite à son abandon temporaire du terrain lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations.
Une future sentence du TAS en faveur du Maroc ne se contenterait pas de réécrire le palmarès de la compétition ; elle établirait un précédent juridique majeur, dont les répercussions façonneront durablement la gouvernance du sport.
Si le Tribunal venait à donner raison au Maroc, sa décision reposerait sur une lecture stricte et littérale des règlements de la CAF, en particulier les articles 82 et 84, qui imposent la défaite par forfait pour toute équipe quittant le terrain sans l’autorisation de l’arbitre.
Un tel verdict signifierait que le TAS privilégie l’application rigoureuse de la règle de droit à une gestion « diplomatique » de l’incident, comme celle adoptée par la CAF.
La conséquence directe serait l’annulation du résultat du match, l’attribution de la victoire 3-0 au Maroc, et donc le sacre de l’équipe nationale marocaine comme championne d’Afrique.
Au-delà de l’attribution du titre, une telle décision enverrait un message sans équivoque à toutes les fédérations : les règlements sont faits pour être appliqués, et leur contournement, même pour préserver une prétendue « image » de la compétition, ne sera pas toléré.
À l’avenir, toute équipe qui serait tentée d’utiliser l’abandon de terrain comme moyen de pression ou de contestation saurait qu’elle s’expose à la sanction la plus sévère, sans aucune marge d’interprétation.
Cette jurisprudence renforcerait considérablement l’autorité des arbitres et l’intégrité des matchs, en affirmant que le jeu doit se poursuivre en toutes circonstances, sauf décision contraire du corps arbitral.
On l ‘aura deviné, la future sentence du TAS dans cette affaire pourrait transcender le simple cadre d’un litige post-compétition.
Elle est en passe de devenir une pierre angulaire de la gouvernance sportive, rappelant que la prévisibilité et la rigueur juridique sont les seuls garants de l’équité.
Le monde du football attend de voir si le TAS choisira de faire de ce cas un exemple, affirmant la primauté du droit sur toute autre considération et forgeant ainsi un avenir où les règles du jeu sont respectées par tous, sans exception.
Nasrallah Belkhayate



