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Francophonie Mondiale : Le Maroc, terre d’émergence du leadership féminin africain

Analyse géostratégique de Nasrallah Belkhayate

 

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) traverse aujourd’hui une période charnière de son histoire, marquée par des défis d’influence, de cohésion et de pertinence sur la scène mondiale.

Dans ce contexte, l’émergence d’une candidature africaine forte et plurielle à sa présidence, incarnée par des figures de haut rang telles que Louise Mushikiwabo (Rwanda), Juliana Amato Lumumba (République Démocratique du Congo) et Coumba Bâ (Mauritanie), ne relève pas d’une simple dynamique institutionnelle.

Il s’agit d’un mouvement géopolitique profond qui acte le déplacement du centre de gravité de la Francophonie vers le continent africain, et plus spécifiquement, qui consacre le leadership féminin comme le nouveau moteur de la diplomatie multilatérale.

La Fondation Trophée de l’Africanité salue avec fierté cette évolution historique, qui résonne comme un signal fort pour l’avenir du continent.

L’Afrique féminine affirme désormais sa compétence, sa vision et sa capacité à porter les grandes causes du dialogue, de la culture, de la paix et du développement.

Au cœur de cette recomposition stratégique, le Royaume du Maroc s’impose comme un acteur pivot, un catalyseur de talents et un espace d’émergence pour cette nouvelle élite africaine.

La place centrale qu’occupe le Maroc dans cette dynamique n’est pas le fruit du hasard, mais l’aboutissement d’une vision géostratégique portée au plus haut niveau de l’État.

Sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Royaume a fait de l’émancipation des femmes, tant au niveau national que continental, un axe majeur de sa politique de développement et de son rayonnement diplomatique.

Le Souverain a érigé l’égalité des genres non seulement en principe de droit, mais en impératif stratégique pour l’avenir de l’Afrique.

Comme l’a affirmé Sa Majesté le Roi Mohammed VI dans Son discours historique du 20 août 2019 :

“Le Maroc ne peut réaliser ses projets de développement et de progrès que lorsque les femmes occuperont la place qui leur revient”.

Cette conviction intime s’est traduite par une diplomatie agissante, transformant le Maroc en une véritable terre d’accueil, de dialogue et d’accompagnement pour les talents féminins du continent.

En organisant régulièrement de grands sommets, des forums économiques, et des rencontres culturelles et académiques d’envergure internationale, le Royaume offre aux femmes leaders africaines des plateformes d’expression et d’influence uniques.

La série des Sommets de l’Africanité, organisés annuellement par la Fondation Trophée de l’Africanité  illustre particulièrement cette volonté stratégique.

Le deuxième Sommet de l’Africanité, organisé à Casablanca du 5 au 7 avril 2021 et fortement médiatisé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, autour du thème « Made in Africa : parole aux femmes », a rassemblé plus d’une centaine de femmes africaines et de jeunes leaders d’avenir.

Cette rencontre d’envergure continentale a offert un espace privilégié d’échanges, de partage d’expériences et de valorisation d’initiatives porteuses d’impact pour l’Afrique qui a également été marqué par un hommage solennel rendu à Amadou Mahtar M’Bow, grande figure intellectuelle et morale du continent africain, qui s’est vu décerner le Trophée de l’Africanité en reconnaissance de son engagement exceptionnel au service de l’éducation, du dialogue des cultures et de la dignité africaine.

Cet événement, organisé en partenariat avec l’ENCG de Casablanca, s’est imposé comme un porte-parole de la femme et de la jeunesse africaine face à la communauté internationale. Le Sommet “Women in Africa”, organisé à Marrakech, complémente cette dynamique en structurant des réseaux d’influence féminins à l’échelle continentale.

« L’Afrique a besoin de femmes dirigeantes et de l’ensemble de ses compétences féminines, dont des cheffes d’entreprise, des actrices associatives, et bien d’autres protagonistes, pour concourir à changer la donne dans leurs pays respectifs et investir leur grand potentiel au service d’une Afrique forte, unie et confiante, en constante évolution et fermement déterminée à embrasser des lendemains meilleurs. » Sa Majesté le Roi Mohammed VI, message adressé à l’occasion de l’ouverture de la 2ᵉ édition du sommet Women in Africa (WIA), Marrakech, le 27 septembre 2018.

L’analyse géostratégique de la montée en puissance des femmes africaines dans les instances internationales révèle un changement de paradigme fondamental.

Le leadership féminin n’est plus perçu comme une simple question de représentation ou de quotas, mais comme un véritable instrument de soft power et un vecteur de stabilité géopolitique.

Les femmes dirigeantes africaines apportent des approches novatrices dans la résolution des conflits, la gouvernance économique et la diplomatie culturelle.

Le Maroc a très tôt compris que le développement et l’intégration de l’Afrique passaient inévitablement par la valorisation de son capital humain féminin.

Sa Majesté le Roi Mohammed VI a d’ailleurs mis en garde contre toute marginalisation des femmes, affirmant que :

“Tout frein à la jouissance par les femmes de leurs droits, constitue une entrave au développement du Continent. Si l’Afrique est confrontée à plusieurs défis structurels, la femme ne devrait pas en payer le tribut. Elle doit, au contraire, constituer un pilier majeur dans la construction de sociétés capables de s’adapter aux transformations et aux nouveautés, présentes et à venir”.

Cette approche s’inscrit dans une diplomatie marocaine résolument tournée vers le Sud, fondée sur la coopération Sud-Sud, le co-développement et la solidarité agissante.

En soutenant activement l’accès des femmes africaines aux plus hautes sphères de décision, le Maroc renforce la résilience institutionnelle du continent et consolide sa propre position de carrefour incontournable entre l’Afrique, l’Europe et le reste du monde.

L’Organisation internationale de la Francophonie se trouve à la croisée des chemins.

Face à la mondialisation et à la concurrence linguistique et culturelle, la Francophonie ne peut survivre et prospérer qu’en s’appuyant sur son espace le plus dynamique sur le plan démographique et économique : l’Afrique.

L’avenir de la langue française et des valeurs francophones se joue sur le continent africain.

Dans cette perspective, confier les rênes de la Francophonie à des femmes africaines de premier plan constitue un acte de refondation stratégique.

Ces dirigeantes sont porteuses d’une Francophonie décomplexée, plurielle et tournée vers l’action. Elles incarnent une vision moderne où la langue partagée devient un outil de développement économique, d’innovation technologique et d’intégration régionale.

Le Maroc, en tant que membre fondateur et pilier de l’OIF, soutient activement cette vision d’une Francophonie solidaire et respectueuse de la diversité.

Comme l’a rappelé Sa Majesté le Roi Mohammed VI lors du 10ème Sommet de la Francophonie :

“L’ambition légitime de faire de l’espace francophone une zone de paix et de progrès, face aux défis du développement durable, nous incite à faire prévaloir, une solidarité agissante et intégrale, conforme aux grandes valeurs et aux idéaux qui fondent notre communauté francophone”.

L’engagement du Royaume en faveur d’une Francophonie portée par le leadership féminin africain s’aligne parfaitement avec sa politique étrangère globale, qui privilégie le dialogue, la concertation et la promotion de la paix.

Le Souverain a toujours insisté sur le fait que :

“les mesures en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes doivent constituer le fondement de toute stratégie efficace de développement durable”.

La dynamique actuelle, saluée par la Fondation Trophée de l’Africanité, dessine les contours d’un nouvel ordre diplomatique.

La montée en puissance des femmes africaines dans la gouvernance mondiale offre l’espérance d’une Afrique plus équilibrée, plus unie et, in fine, plus influente dans la gestion des affaires planétaires.

Le Maroc, fort de sa stabilité institutionnelle, de son ancrage africain et de son ouverture internationale, se positionne comme l’incubateur naturel de ce renouveau.

Le Royaume ne se contente pas d’observer cette évolution historique ; il l’accompagne, la soutient et la catalyse. Il offre un modèle de développement où la tradition s’allie harmonieusement à la modernité, et où l’égalité des genres est perçue comme une condition sine qua non de la prospérité collective.

Oui, la conjonction entre l’émergence d’un leadership féminin africain affirmé, le rôle stratégique du Maroc comme terre de dialogue et de diplomatie, et les défis de renouvellement de la Francophonie, crée une synergie géopolitique puissante.

L’Afrique des femmes bâtisseuses avance avec détermination sur la scène internationale.

Le Maroc l’accompagne avec constance et vision. Et il est désormais évident que la Francophonie de demain, pour être pertinente et influente, s’écrira inéluctablement au féminin africain.

Je choisis de soutenir le leadership féminin africain.

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