Vision et Prémonition sur le choc USA-Iran

L’heure est à la stupeur, à cette minute tragique où le métal et le feu semblent s’apprêter à dévorer la raison des hommes.
En tant qu’observateur de cette immense machine sociale qu’est le monde, je vois, sous l’écorce des discours diplomatiques, sourdre le sang et la sueur des peuples.
Cette vision, je la livre avec la rudesse de la vérité, celle qui ne farde pas la plaie, au nom de la Fondation Trophée de l’Africanité.
Le monde de 2026 est une forge incandescente. Nous sommes sortis des lenteurs d’autrefois pour entrer dans l’ère du broyage immédiat.
L’affrontement entre les États-Unis et l’Iran n’est plus une ombre portée sur une carte, c’est une bête qui respire, prête à bondir.
Washington, tel un contremaître implacable, veut imposer sa loi à l’usine monde ; Téhéran, arc-bouté sur ses racines et soutenu par les géants de l’Est, refuse de plier l’échine. Une frappe aujourd’hui, et c’est l’étincelle dans le grisou.
Mais voyez cette mécanique fatale : si le premier missile déchire le ciel, tout ira avec une vitesse de catastrophe naturelle. Ce ne sera pas une guerre, ce sera un écroulement.
Le monde, cette vaste foire aux intérêts, sera frappé d’une apoplexie foudroyante. Le détroit d’Ormuz, cette artère où bat le pouls énergétique de la terre, sera tranché net.
On verra alors la misère noire s’abattre sur les villes : les usines s’éteindront, les transports s’arrêteront, et le prix du pain montera vers des cieux inaccessibles.
L’ordre international, ce bel édifice de verre, volera en éclats sous le choc de deux blocs sourds et aveugles.
Le ciel lui-même sera envahi par des armées invisibles, frappant les banques et les lumières des cités, plongeant l’humanité dans un nouveau Moyen Âge technologique.
L’Afrique, cette terre de sève et de douleur, subira le contre-coup comme un coup de masse. Elle qui importe sa survie dans les cales des navires verra la famine rôder aux portes des cases. Le coût de la vie deviendra un bourreau.
Mais plus terrible encore, les grandes puissances, dans leur rage de vaincre, viendront fouiller son sol avec une cruauté nouvelle, arrachant les métaux rares pour leurs engins de mort.
On cherchera à rallumer les vieilles haines locales pour occuper le terrain, transformant le continent en un immense charnier de diversion.
L’africanité elle-même, ce ciment de fraternité que nous célébrons, sera mise à l’épreuve par les vents glacés d’un conflit qui n’est pas le sien mais qui menace de consumer sa jeunesse.
Et le Maroc, dans ce cataclysme ? Il se tiendra là, au bord de l’abîme, sentant le souffle chaud de la guerre traverser ses côtes.
Sa position, si enviée, deviendra un fardeau de géant. Il devra lutter, pied à pied, pour que ses lumières ne s’éteignent pas, cherchant dans ses propres terres l’énergie que le monde ne pourra plus lui vendre.
Mais le Royaume a cette force des vieilles nations qui ont vu passer bien des orages. Il restera, peut-être, le dernier pont, le dernier refuge où la parole peut encore être entendue avant le silence des ruines.
Sa stabilité ne sera plus seulement un atout national, mais un phare pour tout un continent en dérive.
Face à cette fatalité qui rampe, on ne peut rester spectateur de son propre désastre. On sent monter des entrailles de la terre un cri de révolte contre la bêtise du carnage.
C’est pourquoi, au nom de la Fondation Trophée de l’Africanité, je réclame, avec la force de celui qui veut que la vie l’emporte, la création d’un Comité de la Paix dans le Moyen-Orient.
Il nous faut des hommes de cœur, des savants, des sages, pour se jeter dans les rouages de cette machine à broyer. Il faut un rempart de chair et de raison contre l’acier froid.
L’urgence n’est plus de discuter, elle est d’empêcher que l’on ne mette le feu à la grange monde.
Ce comité doit agir comme une conscience universelle, rappelant aux puissants que chaque obus tiré sur l’Orient est une plaie ouverte sur le flanc de l’Afrique.
Que ce Comité se lève, ici et maintenant, car si nous laissons passer l’heure, il ne restera plus, sous le soleil de demain, que des décombres et le regret amer d’avoir été lâches devant l’histoire.
Dans ce tumulte où les nations s’entre-déchirent, le Maroc se dresse comme la seule pièce maîtresse, l’unique clef de voûte capable de soutenir l’édifice croulant de la réconciliation.
Il n’est pas ici question de diplomatie ordinaire, mais d’une mission sacrée, d’un rôle de médiateur naturel forgé par des siècles de brassage, de sagesse et de tolérance.
Tandis que les grandes puissances s’aveuglent dans leurs calculs de destruction, le Royaume reste ce carrefour de paix, ce sol fertile où la conscience humaine peut encore s’éveiller avant la nuit totale.
Car il faut le dire haut et fort, avec la clarté du désespoir : cette fois-ci, ce n’est pas une escarmouche lointaine, c’est une guerre mondiale qui s’annonce.
Un coup de vent suffira, une seule étincelle sur ce baril de poudre, et l’incendie dévorera la terre d’un bout à l’autre, sans distinction de frontières ni de couleurs.
Si le canon tonne entre l’Occident et l’Orient, le feu se propagera avec la vitesse de la foudre, transformant nos cités en cendres et nos espoirs en deuil éternel.
Le monde est une immense forêt desséchée par les haines, et nous sommes à la veille du grand embrasement.
C’est là que le Maroc, par sa voix sereine et sa position de sentinelle entre les mondes, doit agir comme le réveilleur des consciences.
Au nom de la Fondation Trophée de l’Africanité, nous affirmons avec force que le Maroc est le seul sanctuaire où les frères ennemis peuvent encore s’asseoir à la même table sans que le fer ne soit tiré.
Son autorité morale, son attachement indéfectible à la dignité de l’homme et sa capacité à parler à l’âme des peuples en font l’ultime rempart. C’est à partir de ce sol, et de nulle part ailleurs, que peut naître ce sursaut de vie.
Le Comité de la Paix dans le Moyen-Orient, porté par cette terre marocaine, doit être le cri qui brise le silence des lâches. Il ne s’agit plus de négocier des territoires, mais de sauver l’espèce.
Si nous échouons à placer le Maroc au centre de cette réconciliation, nous condamnons l’Afrique à l’agonie et le monde à une chute dont il ne se relèvera pas.
Que les peuples se réveillent, que la raison reprenne son trône, car demain, il sera trop tard pour pleurer sur les braises d’un monde que nous n’aurons pas su protéger.
Nasrallah Belkhayate



