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Le bulletin qui peut changer un pays

Nasrallah Belkhayate - Observateur international indépendant -

Il existe une question que les citoyens ne posent presque jamais pendant une campagne électorale.

Une seule.

Pourtant, elle vaut plus que tous les meetings, plus que toutes les promesses et plus que tous les slogans.

Cette question est simple :

Comment allez-vous transformer mon pays ?

Le reste n’est souvent que littérature.

L’histoire est fascinante parce qu’elle est têtue.

Elle nous montre que les nations ne changent jamais par hasard. Elles basculent parce qu’à un moment précis, une femme ou un homme porte une vision suffisamment forte pour entraîner tout un peuple derrière elle.

Singapour n’est pas devenu Singapour par accident.

La Malaisie n’a pas construit sa puissance industrielle par hasard.

La Chine n’a pas sorti des centaines de millions de personnes de la pauvreté grâce à quelques discours.

Le Japon ne s’est pas reconstruit après la guerre avec des promesses électorales.

Le Rwanda a fait le choix d’une administration moderne et d’une gouvernance orientée vers les résultats.

Et le Maroc poursuit aujourd’hui une transformation profonde qui lui permet de devenir un acteur majeur sur le continent africain.

À chaque fois, la même mécanique apparaît.

Un peuple.

Une vision.

Un leadership.

Et surtout une administration capable d’exécuter cette vision.

Car les citoyens ne vivent pas dans les discours.

Ils vivent dans l’administration.

C’est elle qu’ils rencontrent lorsqu’ils demandent un acte de naissance, créent une entreprise, paient leurs impôts, obtiennent un permis de construire ou cherchent un investissement.

Autrement dit, la qualité d’un État se mesure moins à ses promesses qu’à la simplicité de ses procédures.

Voilà pourquoi la prochaine grande révolution démocratique ne sera peut-être pas politique.

Elle sera numérique.

Le véritable candidat du XXIᵉ siècle n’est plus celui qui promet davantage.

C’est celui qui simplifie davantage.

Celui qui annonce qu’avant la fin de son mandat, chaque citoyen pourra accomplir la quasi-totalité de ses démarches administratives depuis son téléphone ou son ordinateur.

Parce que chaque formulaire supprimé représente des milliers d’heures rendues aux citoyens.

Chaque déplacement évité représente des millions économisés.

Chaque procédure digitalisée réduit les délais, améliore la transparence et renforce la confiance.

La digitalisation n’est donc pas une affaire d’informatique.

C’est une affaire de civilisation.

Elle change la relation entre l’État et le citoyen.

Elle remplace l’attente par l’efficacité.

L’opacité par la traçabilité.

La complexité par la simplicité.

C’est pourquoi les prochaines élections devraient faire émerger une nouvelle exigence citoyenne.

Ne plus demander uniquement :

« Pour qui allons-nous voter ? »

Mais également :

« Quel est votre plan précis pour digitaliser entièrement l’administration marocaine ? Quels résultats livrerez-vous chaque année ? À quelle date chaque service public sera-t-il accessible en ligne ? »

Le vote n’est pas un chèque en blanc.

C’est un contrat.

Et comme tout contrat, il comporte des obligations réciproques.

Le citoyen a le devoir de voter.

Le dirigeant a le devoir de transformer.

L’un ne peut exister sans l’autre.

L’avenir du Maroc ne dépendra donc pas seulement du nom inscrit sur un bulletin de vote.

Il dépendra de la capacité des citoyens à élire des femmes et des hommes qui auront le courage de moderniser l’État, d’accélérer la digitalisation de l’administration et de faire de chaque minute gagnée par un citoyen une victoire pour toute la Nation.

Car, au fond, les peuples ne votent pas pour un visage.

Ils votent pour une vision.

Et les grandes nations sont toujours celles qui transforment cette vision en réalité.

 

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