Edito

Ouvrir les yeux sur l’Afrique d’aujourd’hui

Le monde se plaît à croire que tout est désormais relié, mais il reste, au fond, tant d’histoires qu’on entend à peine. Des histoires qui se vivent ici, sur notre continent, dans notre pays, et qui échappent bien souvent au regard occidental.

Ce message de notre Fondation, aujourd’hui, veut donner chair à ce qui, trop fréquemment, glisse dans l’ombre. Ici, l’Afrique, c’est la jeunesse qu’on croise chaque matin, ce sont les femmes qui bâtissent, les hommes qui osent, notre pays qui invente, dialogue, s’ouvre tout simplement à la vie, à l’altérité.

Pourtant, avouons-le : dans la plupart des médias, chez beaucoup d’intellectuels ou de dirigeants venus d’ailleurs, l’image reste figée, blindée derrière des clichés de crise, de pauvreté ou d’exotisme — notre réalité complexe et multiple, elle, n’a que trop peu de place.

Ce manque de nuances, c’est oublier — vous savez, nous en sommes témoins tous les jours — la vraie réalité qu’on ressent : des écoles qui naissent dans la poussière, des start-up qui tissent du lien là où il n’y avait que du silence, des femmes debout qui font avancer la société, de jeunes rêveurs et rêveuses prêts à secouer le monde.

On ne peut parler de l’avenir sans parler de cette solidarité que nous voyons grandir lors de chaque crise, ni de cette créativité qui défie les frontières.

On veut le rappeler : la méconnaissance, elle vient souvent de l’histoire, des circuits d’information, et honnêtement, bien trop peu de médias donnent la parole à celles et ceux qui vivent ces transformations.

On doit aussi se poser la question franchement — est-ce, au fond, un effet de ce tsunami des réseaux sociaux ?

Ces réseaux, dans leur course, prennent-ils le temps nécessaire à la réflexion, à la culture générale, à la compréhension en profondeur de ce qui anime nos sociétés ?

Mais aussi, n’est-ce pas aussi un héritage de la ségrégation culturelle, des murs du passé qui, eh bien, résistent encore à la curiosité, au vrai dialogue ?

En tous cas, c’est une vraie question qui mérite d’être entendue.

C’est l’heure d’écouter l’Afrique à hauteur d’homme, sans filtre ni caricature, d’ouvrir les yeux sur le Maroc, ce pays qui avance entre traditions et inventions, qui relie le continent, l’Europe, le monde arabe pour tisser un destin partagé.

C’est l’heure d’accueillir, dans le grand récit du monde, le courage de nos sociétés et la puissance de nos rêves.

Notre Fondation invite chaque lecteur, chaque esprit curieux, à entendre cette parole qui s’élève depuis notre terre, à la faire voyager partout où les préjugés sont encore lourds.

Que ce message serve de pont, de lumière — ici, sur cette terre africaine, bat un cœur universel qui ne demande qu’à dialoguer.

Et rappelons-le aussi : cette méconnaissance ne sert pas non plus les intérêts de l’Europe ou des pays étrangers qui ont tant à gagner à mieux connaître et comprendre l’Afrique, aujourd’hui et pour l’avenir.

Nasrallah Belkhayate

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