Macky Sall ou la réhabilitation de la place de l’Afrique dans le monde
Analyse par Nasrallah Belkhayate
La décision annoncée récemment par le Togo de demander aux Nations unies de revoir la manière dont le monde est représenté sur les cartes officielles peut, à première vue, sembler relever d’un débat technique.
Il s’agit de remettre en question une représentation historique du monde, connue sous le nom de projection de Mercator. Pour beaucoup, ce sujet paraît lointain, presque réservé aux géographes.
Pourtant, il touche à quelque chose de plus profond : la manière dont les peuples perçoivent la taille, l’importance et la place des continents.
Depuis longtemps, cette représentation donne une image du monde qui ne correspond pas toujours aux proportions réelles.
L’Afrique y apparaît souvent diminuée, alors qu’elle est en réalité l’un des plus grands continents du monde, à la fois par sa superficie, sa population et ses ressources.
Corriger cette représentation revient donc à corriger une perception installée depuis des siècles.
Dans le même temps, une autre actualité retient l’attention sur la scène internationale : la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de Organisation des Nations unies. Pour certains, il s’agit d’un simple événement diplomatique.
Mais pour d’autres, cela soulève une question plus large : celle de la place réelle de l’Afrique dans les espaces où se prennent les décisions mondiales.
Ce qui relie ces deux sujets, en apparence très différents, est en réalité assez simple. Dans un cas, il s’agit de la façon dont le monde est représenté visuellement sur une carte.
Dans l’autre, il s’agit de la façon dont le monde est représenté politiquement dans les institutions internationales.
Dans les deux cas, la question centrale reste la même : qui décide de la représentation du monde ?
Ainsi, au-delà de l’aspect technique ou diplomatique, ces débats révèlent une recherche d’équilibre.
Pendant longtemps, certaines représentations et certaines structures ont été établies sans une participation pleine et équitable de l’Afrique.
Aujourd’hui, des ajustements sont progressivement demandés pour mieux refléter la réalité du monde actuel.
Dans ce contexte, la candidature de Macky Sall est perçue comme une possibilité d’évolution dans la gouvernance mondiale.
Elle s’inscrit dans un moment où plusieurs acteurs africains cherchent à renforcer leur présence et leur influence dans les grandes décisions internationales.
Au fond, qu’il s’agisse d’une carte ou d’une institution, la même question demeure : comment représenter le monde de manière plus juste, plus équilibrée et plus fidèle à sa réalité actuelle ?


