Le Québec : Un engagement renouvelé et humain envers l’Afrique

Le Québec, reconnu pour sa diplomatie de proximité et sa capacité d’influence douce, consolide aujourd’hui – au 20 juillet 2025 – son engagement en Afrique. Forte d’une stratégie africaine lancée en 2021 et portée par un réseau diplomatique actif dans les pays francophones, la province affine ses priorités pour conjuguer soft power, intérêts économiques, coopération institutionnelle et attractivité migratoire.
Cet engagement s’inscrit dans un calendrier politique dense, avec notamment la préparation de sa nouvelle politique étrangère, la célébration du 60ᵉ anniversaire de la doctrine Gérin‑Lajoie, et la publication prochaine de sa doctrine renouvelée à l’automne 2025.
Depuis l’inauguration de sa présence diplomatique avec l’ouverture d’une délégation générale à Dakar en 2018, suivie d’un bureau à Abidjan et d’une délégation à Rabat, le Québec couvre une dizaine de pays francophones en Afrique de l’Ouest et centrale, en Afrique centrale et au Maghreb.
Ce réseau ne cesse de monter en puissance : le ministère des Relations internationales a accru ses effectifs sur place, notamment à Dakar, pour répondre à la demande croissante dans des secteurs tels que l’urbanisation, les infrastructures et la formation professionnelle.
Parallèlement, le gouvernement québécois renouvelle régulièrement ses appels à projets pour renforcer les partenariats entre organismes québécois et africains, tant dans le secteur public que privé. En particulier, le programme Québec sans frontières consacre désormais une part importante de ses projets à l’Afrique francophone, notamment dans les domaines de la solidarité internationale, des droits des femmes, de l’éducation et de l’environnement.
Ces initiatives illustrent la volonté québécoise de promouvoir un développement mutuel fondé sur l’appui à la société civile et aux collectivités locales.
Les liens avec la Francophonie institutionnelle sont également renforcés. En mai 2025, Québec a accueilli la cinquième Conférence des ministres de la Culture de la Francophonie, dédiée aux industries culturelles numériques, démontrant sa capacité à créer des ponts culturels entre l’Afrique et l’Amérique du Nord.
Le soutien apporté au Conseil franco-québécois de coopération universitaire se traduit par des projets de jumelage entre universités africaines et québécoises, ouvrant la voie à une mobilité académique accrue et à l’échange de savoir-faire sur les plans pédagogiques et de la recherche partenariale.
La diplomatie parlementaire constitue un autre canal d’action important. Entre mars et juillet 2025, des représentants de l’Assemblée nationale du Québec et de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie ont conduit des missions au Sénégal, au Cap-Vert et à Dakar, visant à inscrire le Québec dans un dialogue politique francophone global.
À travers ces visites, la province s’appuie sur la diplomatie des parlements pour soutenir la coopération institutionnelle, promouvoir la bonne gouvernance et renforcer la solidarité au sein de l’espace francophone.
Alors que le Québec finalise sa nouvelle politique internationale, il place l’Afrique parmi ses priorités diplomatiques.
Cette politique sera dévoilée à l’automne 2025 et s’appuiera sur les résultats d’une large consultation tenue depuis l’automne 2024. Elle reprendra les cinq piliers de la stratégie territoriale initiale – économie, éducation, culture, solidarité et renforcement institutionnel – tout en intégrant davantage les enjeux migratoires, la francophonie économique et la diplomatie climatique.
Sur le plan économique, le Québec poursuit sa diplomatie commerciale avec Investissement Québec International, la Caisse de dépôt et placement du Québec et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Depuis 2019, près de 45 missions commerciales ont été réalisées au Maghreb et en Afrique de l’Ouest, visant à faciliter l’accès des entreprises québécoises aux marchés africains.
Le Conseil des Cercles d’affaires Québec-Sénégal-Canada, créé à cette fin, bénéficie d’un soutien financier initial de 30 000 CAD et a pour objectif de multiplier les points de contact entre milieux d’affaires. Cette diplomatie économique s’inscrit dans une démarche pragmatique : elle vise à traduire la présence symbolique en résultats commerciaux concrets, notamment dans les domaines de l’infrastructure, des technologies propres, de l’agroalimentaire, de l’aéronautique et des solutions numériques.
La collaboration économique est également portée par l’intensification de programmes conjoints avec les diasporas africaines, favorisant des transferts de technologie et le financement de projets locaux.
L’approche migratoire du Québec accompagne cet élan externe. Selon l’Institut du Québec, en juin 2025, la province cible l’accueil de 90 000 résidents permanents annuels, en priorisant les diplômés et travailleurs étrangers, venus notamment d’Afrique francophone.
Cette orientation s’inscrit dans un double objectif : répondre aux besoins de main-d’œuvre interne tout en positionnant l’Afrique comme un vivier de talents pour le Québec. La stratégie migratoire prévoit en outre le renforcement de liens avec les institutions de formation africaine, facilitant la mobilité académique et professionnalisante, et s’inscrit dans la politique d’attraction des talents du Québec en lien avec ses enjeux démographiques et économiques.
Le secteur de l’éducation joue un rôle central. Le partenariat entre établissements québécois et africains se concrétise via des échanges universitaires, la formation des enseignants, l’expertise partagée en gouvernance scolaire et en formation technique.
Les projets développés en coopération s’insèrent dans une logique de renforcement des capacités institutionnelles et visent à créer des synergies pérennes en matière de formation professionnelle et d’innovation.
Dans le volet solidaire, le Fonds d’investissement solidaire international et le Programme québécois de solidarité internationale encouragent des projets de renforcement de la résilience climatique en milieu rural, de participation citoyenne, de développement local et de promotion des droits de la femme et de jeunes entrepreneurs. Ces initiatives s’inscrivent dans une approche globale qui lie la lutte contre la pauvreté, la protection de l’environnement et la bonne gouvernance locale.
Le Québec tire parti de la Francophonie pour structurer ses actions. Membre de plein droit de l’Organisation internationale de la Francophonie, il exerce une influence accrue dans les instances multilatérales et régionales africaines, comme l’Agence universitaire de la Francophonie, l’Agence française de développement, les forums culturels et les conférences ministérielles, œuvrant à la promotion d’un espace francophone solidaire, interconnecté et innovant.
En matière de défense et de paix, le Québec soutient les processus de consolidation institutionnelle et la coopération technique en matière de sécurité civile, dans un contexte de reconfiguration géopolitique où l’influence occidentale traditionnelle, notamment française, recule au profit de nouveaux partenariats avec la Chine, la Turquie, les États du Golfe et la Russie.
S’il n’intervient pas directement, la province appuie les initiatives de stabilisation à travers le soutien des acteurs internationaux et la formation en gestion publique, sécurité et droits humains.
La diplomatie climatique occupe également une place croissante. Le Québec dialogue avec les pays africains pour promouvoir des politiques vertes, des transitions énergétiques durables et des adaptations aux changements climatiques. Des projets pilotes, financés en coopération, encouragent les pratiques agroécologiques, l’accès à l’eau potable, et la reconstruction post-catastrophes, notamment dans les zones côtières vulnérables de l’Afrique de l’Ouest.
Les universités québécoises sont mobilisées autour de réseaux tels que le Conseil franco-québécois de coopération universitaire. Des jumelages avec des universités africaines soutiennent des programmes de recherche appliquée, souvent tournés vers des problématiques locales (santé publique, technologie, développement durable). Ce lien entre éducation et innovation renforce la diplomatie de science et contribue à tisser un maillage professionnel et technologique entre l’Afrique et le Québec.
Le Québec met aussi l’accent sur l’entrepreneuriat social et féminin. Plusieurs projets soutenus visent à autonomiser les femmes et les jeunes par la formation, l’accès à la microfinance, le coaching et le mentorat. Cette dimension éthique de son engagement témoigne d’une diplomatie québécoise à la fois résolument inclusive et pragmatique.
Le Québec est également actif dans la diplomatie événementielle. Parmi les grandes rencontres récentes figure la Conférence des ministres de la Culture de la Francophonie en mai 2025, qui a rassemblé des délégations de plusieurs pays africains pour débattre des enjeux numériques et culturels.
Sur le plan parlementaire, les voyages au Sénégal, au Cap-Vert et à Dakar ont été l’occasion de rencontres bilatérales, d’accords de coopération institutionnelle, et de partage de bonnes pratiques en matière de gouvernance et législation.
La diplomatie québécoise bénéficie de la complémentarité avec la politique africaine du gouvernement fédéral canadien, dont la stratégie continentale comprend un volet économique, sécuritaire et humanitaire ambitieux. Le Québec, par son approche ciblée et sa proximité culturelle et linguistique, agit en synergie avec Ottawa, tout en apportant sa singularité francophone et provinciale.
Cette coopération se concrétise notamment dans des conférences conjointes, des coalitions académiques, des missions jumelées et des projets communs de développement, notamment avec la diaspora africaine au Canada.
Le défi demeure la concrétisation de cette stratégie. Face à la concurrence internationale, le Québec doit élargir son réseau de représentations – potentiellement via de nouveaux bureaux -, assurer le financement pérenne de ses programmes, et accroître la visibilité de ses réalisations sur le terrain. La future politique internationale 2025, axée sur l’Afrique, constituera un test essentiel de sa capacité à traduire ses ambitions en actions à haut impact.
Au 20 juillet 2025, la diplomatie québécoise en Afrique est donc un ensemble cohérent d’initiatives complémentaires touchant la diplomatie classique, la coopération culturelle, la diplomatie économique, l’éducation, l’immigration, la solidarité et l’écologie. Elle repose sur un réseau consolidé, des partenariats diversifiés, des projets concrets, et une vision intégrée—celle d’un Québec francophone, engagé, et tourné vers les défis et opportunités africains.
Nadine Girault, qui fut ministre des Relations internationales et de la Francophonie, a très bien résumé cet esprit de transition et de complicité renouvelée avec l’Afrique :
« Nous assistons à une révolution de la conduite des relations internationales entre le Québec et l’Afrique. Le gouvernement du Québec va utiliser les leviers de son action en solidarité et en coopération pour construire une passerelle multisectorielle de complicité et de partenariat entre le Québec et l’Afrique, notamment dans des domaines comme l’éducation, la jeunesse et l’économie. La jeunesse africaine, c’est d’ailleurs l’avenir de la francophonie : des 500 millions de locuteurs francophones prévus pour 2048, 60 % d’entre eux se retrouveront en Afrique. Si le Québec désire exercer une autorité en francophonie, il ne peut pas ignorer le continent africain, ses enjeux, ses défis et aussi ses opportunités. »



