Edito

Casablanca-Settat : La Consécration d’un Modèle de Développement pour l’Afrique

 

La visite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en septembre 2025 dans la région de Casablanca-Settat a marqué un tournant symbolique, non seulement pour la métropole marocaine, mais pour l’ensemble du continent. En inaugurant une série de projets structurants d’envergure, le Souverain a mis en lumière une transformation profonde, fruit d’une vision stratégique et d’une gouvernance rigoureuse.

Cet événement a consacré Casablanca-Settat non plus seulement comme la locomotive économique du Maroc, mais comme un véritable modèle de développement régional pour l’Afrique. Cette analyse se propose de décortiquer les piliers de ce succès, en démontrant comment la convergence d’une vision royale, d’un leadership institutionnel affirmé et d’une planification méticuleuse a fait de cette région un laboratoire d’innovations et une référence continentale.

L’impulsion décisive derrière le succès de Casablanca-Settat émane de la vision claire et constante de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. La visite de septembre 2025, avec l’inauguration de projets phares tels que la modernisation du port de Casablanca et la future gare de Hay Hassani, n’est que la manifestation la plus récente de cet engagement.

Comme le souligne Hayati Barka, représentante du groupe istiqlalien au Conseil régional, les orientations royales constituent une « boussole stratégique pour toute renaissance territoriale ». Cette vision s’ancre dans une perspective historique longue. Elle prolonge l’esprit de la Charte de Casablanca de 1961, où feu Sa Majesté Mohammed V posait déjà les jalons d’une action africaine commune.

Aujourd’hui, cette vocation panafricaine se traduit par une approche de co-développement pragmatique, où le Maroc, et Casablanca en particulier, se positionne comme une passerelle entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique, comme en témoigne l’inauguration en 2024 du Corridor logistique intercontinental reliant Chengdu à Casablanca.

La traduction de la vision royale en actions concrètes repose sur un leadership institutionnel fort, incarné par le Conseil Régional de Casablanca-Settat, présidé par le Dr Abdelatif Maâzouz. Sa philosophie, résumée par l’ambition de « conjuguer croissance, inclusion et durabilité », guide l’action du Conseil. Ce dernier a su s’imposer non comme un simple exécutant, mais comme une institution capable « d’élaborer une vision claire et cohérente pour le territoire, de planifier les grands projets structurants, de mobiliser les ressources et de piloter leur mise en œuvre ».

La stabilité de la majorité au sein du conseil a permis une prise de décision rapide et efficace, un atout majeur dans la conduite de projets complexes. Cette gouvernance illustre une application réussie du chantier stratégique de la régionalisation avancée, faisant de la région un acteur central du développement, en collaboration étroite avec l’État, les communes et les autres partenaires.

Le Programme de Développement Régional (PDR 2022-2027) constitue l’outil opérationnel de cette transformation. Avec un taux de réalisation déjà à 48% à la mi-2025, ses résultats sont déjà palpables. Le programme repose sur des principes fondateurs clairs : la justice spatiale pour réduire les disparités entre les zones urbaines et rurales, et un diagnostic territorial rigoureux pour répondre aux besoins réels des populations.

La session d’octobre 2025 a encore démontré ce dynamisme avec l’approbation de projets majeurs, notamment la création d’une société dédiée aux infrastructures logistiques et des investissements massifs dans la gestion de l’eau, un domaine où le président Maâzouz note un « progrès significatif ».

Les domaines d’intervention couvrent l’ensemble des besoins du territoire : infrastructures hydrauliques avec la construction de barrages collinaires et plus de 30 stations de dessalement prévues, mobilité et transports avec les lignes de tramway, le BHNS et le futur RER, zones d’activité économique représentant plus de 700 hectares de zones industrielles et logistiques, développement rural avec 3.500 km de routes rurales, et renforcement du secteur social et sanitaire.

Le modèle de Casablanca-Settat repose sur quatre piliers interdépendants qui assurent un développement équilibré et durable. La fluidité de la circulation des personnes et des biens est une priorité absolue. La région a investi massivement dans un réseau de transport multimodal.

Aux infrastructures routières modernes, comme les échangeurs de Sidi Maârouf et Zenata ou les trémies de Dar Bouazza, s’ajoute un réseau de transport en commun performant avec le tramway et le BHNS qui sera bientôt complété par un Réseau Express Régional. Fait notable, cet effort ne se limite pas à la métropole : 3.500 km de routes rurales sont prévus pour désenclaver les territoires et lutter contre l’exode rural.

La région consolide son statut de locomotive économique en créant un environnement propice à l’investissement et à l’emploi. Plus de 700 hectares sont dédiés à des zones d’activités économiques modernes, répondant aux standards internationaux.

Des projets comme la zone d’Ahl Loughlam, s’étendant sur 10 hectares avec 4.000 emplois directs attendus, sont spécifiquement conçus pour les PME et TPE, assurant ainsi une répartition large des fruits de la croissance. Les grandes zones industrielles de Laghdira (250 ha) et de Settat (54 ha) répondent quant à elles aux besoins des investisseurs de grande envergure, créant un écosystème économique diversifié et résilient.

Consciente des défis environnementaux, la région a fait de la durabilité un axe central de sa stratégie. Le projet le plus emblématique est la nouvelle décharge de Médiouna. Avec un budget de 18 milliards de dirhams, ce projet transforme une nuisance en une ressource, via le tri, le recyclage et la production d’énergie. L’ancienne décharge, qui occupait 950 hectares, est remplacée par une installation moderne de seulement 40 hectares, respectant les normes sanitaires et environnementales les plus exigeantes.

L’ancienne décharge, quant à elle, est en cours de réhabilitation pour devenir une « colline verte », un parc accessible sans odeurs, preuve tangible du changement de paradigme environnemental. Cette approche est complétée par un vaste programme de gestion de l’eau, incluant la réutilisation des eaux usées pour l’irrigation des espaces verts et le déploiement de plus de 30 stations de dessalement, une réponse stratégique au stress hydrique qui garantit l’accès à l’eau potable dans les zones rurales et périurbaines comme Settat, Sidi Bennour et Benslimane.

Le modèle de la région Casablanca-Settat se distingue par sa volonté de ne laisser aucun territoire de côté. Bien que majoritairement urbaine en population, la région est vaste et rurale en superficie. Les investissements massifs dans les routes rurales, dont 2.000 km déjà construits et 1.500 km supplémentaires en cours, l’adduction d’eau potable et l’électrification visent à réduire les inégalités et à assurer un développement équilibré, en parfaite adéquation avec le principe de justice spatiale inscrit dans le PDR.

Cette approche permet de lutter efficacement contre l’exode rural en offrant aux populations des conditions de vie dignes et des opportunités économiques dans leurs territoires d’origine.

Grâce à ces transformations, Casablanca-Settat a consolidé sa position de hub continental. Elle abrite le premier hub financier d’Afrique avec Casablanca Finance City, un complexe portuaire et aéroportuaire de classe mondiale en constante modernisation, notamment avec l’extension du Terminal 3 de l’aéroport Mohammed V, et se prépare à accueillir des événements planétaires avec le Grand Stade Hassan II à Benslimane.

Le Corridor logistique Chengdu-Casablanca-Hambourg, inauguré en 2024, renforce son rôle de plaque tournante du commerce mondial, faisant de la région une porte d’entrée privilégiée pour les investissements en Afrique. Cette infrastructure multimodale illustre la montée en puissance de la coopération sino-marocaine et positionne le Maroc comme un pont stratégique reliant trois continents.

Les grands événements sportifs internationaux que s’apprête à accueillir le Maroc, notamment la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et la Coupe du Monde 2030, constituent un formidable catalyseur pour accélérer la modernisation des infrastructures et valoriser la région à l’échelle internationale.

Un comité régional dédié fédère tous les acteurs pour assurer une préparation optimale dans les domaines de la mobilité, de la sécurité, de l’accueil et de l’animation urbaine. Cet effet levier profite également au développement à long terme, en renforçant l’attractivité touristique, économique et sociale de Casablanca-Settat bien au-delà des compétitions elles-mêmes.

Le succès de Casablanca-Settat n’est pas le fruit du hasard. Il est la résultante d’une vision stratégique claire émanant du plus haut niveau de l’État, d’une gouvernance institutionnelle efficace qui a su la décliner opérationnellement, et d’une approche intégrée qui allie sans les opposer développement économique, inclusion sociale et durabilité environnementale.

La régionalisation avancée, lorsqu’elle est menée avec ambition et rigueur comme c’est le cas à Casablanca-Settat, se révèle être un levier puissant de transformation territoriale. La stabilité institutionnelle, avec une majorité cohérente au sein du Conseil régional, permet une prise de décision rapide et une mise en œuvre efficace des projets, malgré les lourdeurs administratives qui persistent encore.

En démontrant qu’il est possible de concilier croissance rapide, justice spatiale et respect de l’environnement, la région Casablanca-Settat offre plus qu’un exemple : elle propose un modèle réplicable, une source d’inspiration pour de nombreuses autres métropoles et régions en Afrique. Les principes qui sous-tendent ce succès – diagnostic territorial rigoureux, planification intégrée, partenariats stratégiques, normes environnementales élevées, équité territoriale – sont transférables et adaptables à d’autres contextes.

La région incarne la promesse d’un développement maîtrisé et partagé, prouvant que l’Afrique dispose des ressources humaines, institutionnelles et financières pour conduire sa propre transformation.

Casablanca-Settat devient ainsi non seulement la locomotive économique du Maroc, mais aussi un phare pour le continent, démontrant que la vision, la gouvernance et l’action coordonnée peuvent transformer radicalement un territoire en l’espace de quelques années seulement.

 

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