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Le « Modèle Akhannouch » 2021 – 2026

Analyse géostratégique

 

Depuis sa nomination au poste de Chef du gouvernement le 7 octobre 2021, Aziz Akhannouch a insufflé une dynamique entrepreneuriale dans la gestion des affaires publiques.

À l’aube de la fin de son premier mandat, les données consolidées à fin 2025 permettent un bilan objectif de son action dans trois piliers stratégiques de l’économie marocaine : l’agriculture, la pêche maritime et le tourisme.

Ce rapport synthétise les performances quantifiables, tout en soulignant les défis persistants.

Bien que confronté à l’une des pires sécheresses de l’histoire récente (2022–2024), le secteur agricole a maintenu une trajectoire ascendante sous l’impulsion de la stratégie Génération Green 2020–2030, lancée sous la houlette d’Akhannouch.

Grâce à l’expansion de l’irrigation moderne — couvrant désormais 1,15 million d’hectares— et à la montée en gamme des filières exportatrices, les exportations agroalimentaires ont atteint 95,5 milliards de dirhams en 2025, contre 85 milliards en 2023.

Cela représente une croissance annuelle moyenne de près de 6 %,démontrant la solidité du modèle fondé sur la valeur ajoutée plutôt que sur le volume.

Le Maroc consolide ainsi sa position de premier exportateur africain d’agrumes et renforce ses parts de marché en Europe et au Moyen-Orient.

Toutefois, la vulnérabilité climatique demeure un frein structurel, et les petits agriculteurs restent insuffisamment intégrés dans cette transformation.

Le secteur halieutique poursuit sa modernisation engagée sous le plan Halieutis. À fin 2025, les exportations de produits de la mer ont atteint 27,2 milliards de DH, soit une hausse de plus de 13 % par rapport à 2023.

Cette performance repose sur la valorisation industrielle (congélation, aquaculture, produits transformés) et sur l’attractivité des zones logistiques de Dakhla et Agadir, qui accueillent désormais des investissements étrangers majeurs, notamment dans l’aquaculture du bar et de la dorade.

La production nationale dépasse 1,8 million de tonnes, et le Maroc s’affirme comme le premier exportateur africain de poissons et crustacés, avec des débouchés en Afrique de l’Ouest, en Europe et en Asie.

Néanmoins, la durabilité des ressources et la formation des jeunes pêcheurs restent des enjeux.

Le succès le plus spectaculaire du mandat Akhannouch réside dans la relance du tourisme. Après avoir chuté à 2,5 millions de visiteurs en 2020, le Maroc a enregistré 17,3 millions de touristes à fin 2025, dépassant largement les niveaux d’avant-pandémie.

Les recettes touristiques ont atteint 115,1 milliards de DH (environ 11,6 milliards USD), portées par une augmentation du pouvoir d’achat des visiteurs (notamment américains, britanniques et saoudiens) et par la diversification de l’offre (tourisme culturel, golf, MICE, balnéaire).

Des villes comme Marrakech, Tanger, Essaouira et Dakhla connaissent un taux d’occupation hôtelier supérieur à 70 % toute l’année.

L’assouplissement des visas, les liaisons aériennes accrues et les campagnes de promotion internationale (Morocco Now) ont joué un rôle décisif. Le tourisme contribue désormais à près de 8 % du PIB national et emploie directement ou indirectement plus de 600 000 personnes.

Le gouvernement Akhannouch a su conjuguer stabilité macroéconomique, attractivité des investissements et gestion pragmatique des crises.

Le PIB réel a progressé en moyenne de 3,5 % par an entre 2021 et 2025, malgré des chocs exogènes majeurs. L’inflation a été maîtrisée (autour de 3,2 % en 2025), et les réserves de change dépassent 40 milliards de dollars.

Cependant, les limites du modèle apparaissent : le chômage des jeunes reste élevé (21,8 % fin 2025), les inégalités territoriales persistent, et la dépendance aux aléas climatiques fragilise la sécurité alimentaire.

La concentration des opportunités économiques au profit des grands groupes suscite également des interrogations sur l’inclusivité de la croissance.

À fin 2025, le bilan d’Aziz Akhannouch est globalement positif. Dans les secteurs clés, les indicateurs confirment une amélioration tangible de la compétitivité, de l’intégration régionale et de l’attractivité internationale du Maroc.

Son leadership entrepreneurial a permis au pays de surmonter des crises successives et de se positionner comme une référence en Afrique.

L’avenir dépendra désormais de la capacité du gouvernement à transformer cette croissance économique en développement humain inclusif, en misant sur l’éducation, la formation professionnelle, la transition verte et la justice sociale.

Si ces leviers sont activés, le « modèle marocain » pourrait inspirer une nouvelle génération de politiques publiques sur le continent.

Nasrallah Belkhayate

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