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Ces plumes gauloises qui ne comprennent pas le Sacré du Maroc

 

Depuis des décennies, la presse française invoque la liberté d’expression comme un absolu. Pourtant, lorsqu’il s’agit du Maroc, cette liberté vire trop souvent à l’irresponsabilité.

Derrière des titres provocateurs et des « enquêtes » sans sources vérifiables, certains médias francophones s’érigent en juges d’un pays qu’ils ne comprennent ni n’ont cherché à connaître — et surtout, qu’ils ne respectent pas.

Au Maroc, la monarchie n’est pas qu’une institution politique : elle incarne l’unité spirituelle, historique et territoriale de la nation.

Sa Majesté le Roi Mohammed VI , qu’ Allah le glorifie, en tant que Commandeur des croyants, est au cœur du pacte social et religieux qui lie les Marocains. Or, cette dimension sacrée est systématiquement ignorée, voire tournée en dérision, par une certaine presse parisienne.

En 2023, un grand hebdomadaire titrait  « Mohammed VI, le roi invisible ? », semant le doute sur sa santé et son rôle, alors même que le souverain présidait des conseils ministériels et lançait des réformes majeures.

En 2024, un pseudo-documentaire diffusé en ligne assimilait la cour royale à un « système opaque », mêlant rumeurs anonymes et images détournées.

Fin 2025, un chroniqueur médiatique osait plaisanter en direct sur « l’absence mystérieuse » du roi, provoquant les rires d’un plateau télévisé.

Ces bavures ne sont pas isolées : elles s’inscrivent dans une longue tradition de condescendance post-coloniale.

Jamais ces mêmes médias n’oseraient traiter ainsi la monarchie britannique, espagnole ou suédoise. Mais avec le Maroc, tout semble permis.

Le pays est encore perçu, dans certains cercles parisiens, comme un objet exotique, lointain, dont on peut railler les symboles sans conséquence.

Pourtant, la liberté de la presse n’autorise ni la diffamation, ni la désinformation, ni le mépris culturel. Elle suppose rigueur, vérification et respect.

Or, trop souvent, la couverture médiatique du Maroc repose sur des stéréotypes, des raccourcis idéologiques et une ignorance assumée des réalités locales.

Et pendant ce temps, dans l’Hexagone même, des milliers de personnes grelottent sous des tentes, fouillent les poubelles à la recherche d’un repas, meurent de froid dans des ruelles que la République a oubliées.

Selon les dernières données de la Fondation Abbé Pierre (2025), plus de 14 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté, et plus de 300 000 sont sans domicile fixe.

Chaque hiver, des dizaines de sans-abri succombent au froid — parfois à quelques mètres des sièges de ces mêmes médias qui gaspillent leur encre à fantasmer sur un « palais marocain » imaginaire.

Où est donc passée la fameuse « plume engagée » quand il s’agit de dénoncer la misère chez soi ?

Pourquoi ce silence assourdissant face aux files d’attente devant les Restos du Cœur, aux familles entassées dans des foyers insalubres, aux retraités qui se chauffent à la bougie pour économiser l’électricité ?

Ces citoyens français, abandonnés par un modèle social en déliquescence, ont bien plus besoin de vos mots que vos spéculations oiseuses sur un roi qui, lui, fait construire des hôpitaux, des barrages et des villes nouvelles pour son peuple.

Il est temps que cette élite médiatique parisienne cesse son délire orientaliste et redescende sur terre.

La vraie liberté de la presse ne consiste pas à ridiculiser un pays stable et en développement, mais à donner une voix à ceux qui n’en ont plus — y compris, et surtout, dans son propre pays.

Car tant que vos chroniqueurs préféreront inventer des « secrets du Makhzen » plutôt que de descendre interviewer une mère de famille expulsée de son logement à Saint-Denis, leur prétendue liberté ne sera qu’un masque de vacuité morale. Et leurs mots, aussi libres soient-ils, ne nourriront ni ne réchaufferont personne — ni au Maroc, ni en France.

Et ma liberté d’expression, vous l’avez vue à présent. Elle est d’une beauté naturelle : ni provocatrice par calcul, ni bruyante par vanité, mais droite comme l’olivier, sincère comme la prière du matin.

Elle ne cherche pas à blesser le sacré,
mais à défendre la dignité — celle du Maroc, comme celle des sans-voix de France.

Elle ne se nourrit pas de rumeurs, mais de faits.
Elle ne rit pas du froid des autres, elle le dénonce.

Car la vraie liberté n’est pas celle qui insulte impunément depuis un studio climatisé.

C’est celle qui ose dire, en pleine tempête, ce que personne ne veut entendre :  que le respect va dans les deux sens,  que la misère n’a pas de passeport,  et que ridiculiser un peuple ne fait pas de vous un penseur —  seulement un écho creux dans un monde qui a soif de vérité.

Alors oui, je parle.  Non pour attaquer, mais pour rappeler :  quand on brandit la liberté, qu’on la tienne aussi pour les autres.  C’est là, et là seulement, que réside sa beauté — simple, humaine, naturelle.

Nasrallah Belkhayate

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