
Je veux d’abord dire une vérité que trop de discours diplomatiques édulcorent : le monde va mal.
Il va mal parce que les institutions multilatérales qui devaient en être les gardiens ont progressivement perdu le langage de l’équité.
Il va mal parce que la voix des peuples du Sud global, ces peuples qui représentent la majorité de l’humanité, est systématiquement marginalisée dans les grandes décisions qui déterminent leur destin.
Il va mal parce que le poste de Secrétaire Général des Nations Unies, censé incarner l’universel, a trop longtemps été pensé dans des géographies restreintes, dans des cercles de familiarité qui excluent par habitude plus que par conviction.
Ce monde-là a besoin d’un choc de légitimité. Il a besoin d’une voix nouvelle. Il a besoin de Macky Sall.
Je connais cet homme. Je l’ai observé, écouté, étudié à travers le prisme de ce que notre Fondation cherche depuis toujours à mesurer : non pas les discours, mais les actes.
Non pas les postures, mais les trajectoires. Et ce que la trajectoire de Macky Sall révèle, c’est quelque chose de rare dans le paysage politique mondial contemporain : une cohérence absolue entre les valeurs proclamées et les choix effectivement opérés.
Cet homme a gouverné le Sénégal pendant douze années, a tenu le cap d’une nation complexe, diverse, exigeante, et il en est sorti la tête haute, par la grande porte de l’alternance démocratique.
Dans un continent où certains confondent encore le fauteuil présidentiel avec un trône héréditaire, Macky Sall a choisi de rendre le pouvoir, de respecter la Constitution, d’honorer le verdict des urnes.
Ce geste-là n’est pas anodin. Il est fondateur. Il est l’acte d’un homme d’État au sens le plus noble du terme, de quelqu’un qui comprend que la légitimité ne se décrète pas, elle se mérite et se protège.
Mais je ne veux pas limiter mon analyse au seul argument de la vertu démocratique, aussi précieux soit-il.
Car Macky Sall est bien plus qu’un président qui a su partir.
C’est un architecte de la diplomatie africaine dont le continent a impérieusement besoin sur la scène mondiale.
Pendant la présidence tournante de l’Union africaine qu’il a assumée en 2022, il a porté des combats qui résonnent encore : la réforme de la finance mondiale, le droit de tirage spécial du FMI trop longtemps confisqué par quelques-uns, la représentation permanente de l’Afrique au Conseil de sécurité, cette injustice institutionnelle qui fait que le continent le plus jeune, le plus peuplé de demain, demeure à ce jour absent de la table où se décide la paix et la guerre.
Ces combats, il ne les a pas menés par calcul. Il les a menés parce qu’ils sont justes. Et le monde a besoin à la tête des Nations Unies d’un homme qui sait reconnaître la justice même quand elle dérange.
À ceux qui mettent en avant les difficultés de son dernier mandat pour tenter de discréditer cette candidature, je réponds avec la même franchise : si le passé n’a pas été jugé avec lucidité et honnêteté, alors je préfère laisser l’avenir s’exprimer à ma place.
Le gouvernement d’un pays traversé par des tensions politiques majeures n’est jamais une promenade de santé.
Aucun dirigeant, sur aucun continent, n’a exercé le pouvoir dans une période de crise sans prendre des décisions discutables, sans faire face à des reproches légitimes.
Ce qui différencie les hommes d’État des hommes de pouvoir, c’est ce qu’ils font de ces moments-là : les assument-ils ? Les dépassent-ils ? Permettent-ils à leur pays d’avancer ?
Macky Sall a permis l’alternance. C’est la réponse la plus définitive que l’histoire puisse offrir.
Et si certains au Sénégal s’opposent à cette candidature, c’est le droit le plus élémentaire de la démocratie que de permettre le débat.
Mais ce débat interne ne saurait occulter ce que la communauté internationale voit : un homme crédible, un interlocuteur fiable, une personnalité dont le carnet d’adresses diplomatiques couvre les cinq continents et dont la parole est respectée dans les chancelleries d’Europe, d’Amérique, d’Asie et d’Afrique.
Il faut aussi dire clairement ce que cette candidature incarne au-delà de la personne : elle porte une revendication légitime, historique et urgente de tout un continent, exprimée par la voix du président en exercice de l’Union africaine, cette même voix qui a présenté la candidature de Macky Sall à l’ONU.
L’Afrique n’a pas compté de Secrétaire Général depuis Kofi Annan, dont le second mandat s’est achevé en 2006. Vingt ans.
Vingt ans durant lesquels le continent le plus directement affecté par les crises climatiques, les conflits armés, les pandémies et les inégalités mondiales a été absent de la direction de l’institution censée y répondre.
Cette absence n’est pas un détail administratif. C’est une injustice structurelle qui affaiblit les Nations Unies elles-mêmes, en les privant du regard, de l’expérience et de la légitimité que seule la représentation véritable peut conférer.
Porter Macky Sall à la tête de l’ONU, ce n’est pas faire un cadeau à l’Afrique. C’est rendre aux Nations Unies une part de leur universalité confisquée.
Nous vivons une époque où le multilatéralisme est attaqué de toutes parts, contesté par des souverainismes agressifs, fragilisé par des rivalités de grandes puissances qui semblent avoir oublié les leçons des guerres mondiales.
Dans ce contexte, le prochain Secrétaire Général ne peut pas être un simple fonctionnaire international de haut rang. Il doit être un visionnaire, un réconciliateur, un homme capable de parler à Pékin et à Washington, à Moscou et à Bruxelles, aux capitales africaines et aux petits États insulaires menacés par la montée des eaux.
Il doit être un homme dont la légitimité transcende les blocs et les alliances. Macky Sall est cet homme.
La Fondation Trophée de l’Africanité a pour vocation d’honorer ceux qui font grandir l’Afrique aux yeux du monde.
Aujourd’hui, c’est le monde que nous invitons à grandir aux yeux de l’Afrique, en reconnaissant dans Macky Sall ce qu’il est réellement : un serviteur de l’intérêt général, un diplomate de premier rang, un démocrate qui a prouvé ses convictions par ses actes, et un fils d’Afrique prêt à porter, avec humilité et avec force, le flambeau de l’humanité toute entière.
L’Histoire nous regarde. Nos enfants nous regardent. Ce moment appartient à ceux qui osent choisir. Alors, qui sera le prochain Secrétaire Général des Nations Unies ? La parole est à vous.


