EditoPropositions

Et si l’ONU choisissait enfin l’Afrique?

Analyse de Nasrallah Belkhayate

Je veux d’abord dire une vérité que trop de discours diplomatiques édulcorent : le monde va mal.

Il va mal parce que les institutions multilatérales qui devaient en être les gardiens ont progressivement perdu le langage de l’équité.

Il va mal parce que la voix des peuples du Sud global, ces peuples qui représentent la majorité de l’humanité, est systématiquement marginalisée dans les grandes décisions qui déterminent leur destin.

Il va mal parce que le poste de Secrétaire Général des Nations Unies, censé incarner l’universel, a trop longtemps été pensé dans des géographies restreintes, dans des cercles de familiarité qui excluent par habitude plus que par conviction.

Ce monde-là a besoin d’un choc de légitimité. Il a besoin d’une voix nouvelle. Il a besoin de Macky Sall.

Je connais cet homme. Je l’ai observé, écouté, étudié à travers le prisme de ce que notre Fondation cherche depuis toujours à mesurer : non pas les discours, mais les actes.

Non pas les postures, mais les trajectoires. Et ce que la trajectoire de Macky Sall révèle, c’est quelque chose de rare dans le paysage politique mondial contemporain : une cohérence absolue entre les valeurs proclamées et les choix effectivement opérés.

Cet homme a gouverné le Sénégal pendant douze années, a tenu le cap d’une nation complexe, diverse, exigeante, et il en est sorti la tête haute, par la grande porte de l’alternance démocratique.

Dans un continent où certains confondent encore le fauteuil présidentiel avec un trône héréditaire, Macky Sall a choisi de rendre le pouvoir, de respecter la Constitution, d’honorer le verdict des urnes.

Ce geste-là n’est pas anodin. Il est fondateur. Il est l’acte d’un homme d’État au sens le plus noble du terme, de quelqu’un qui comprend que la légitimité ne se décrète pas, elle se mérite et se protège.

Mais je ne veux pas limiter mon analyse au seul argument de la vertu démocratique, aussi précieux soit-il.

Car Macky Sall est bien plus qu’un président qui a su partir.

C’est un architecte de la diplomatie africaine dont le continent a impérieusement besoin sur la scène mondiale.

Pendant la présidence tournante de l’Union africaine qu’il a assumée en 2022, il a porté des combats qui résonnent encore : la réforme de la finance mondiale, le droit de tirage spécial du FMI trop longtemps confisqué par quelques-uns, la représentation permanente de l’Afrique au Conseil de sécurité, cette injustice institutionnelle qui fait que le continent le plus jeune, le plus peuplé de demain, demeure à ce jour absent de la table où se décide la paix et la guerre.

Ces combats, il ne les a pas menés par calcul. Il les a menés parce qu’ils sont justes. Et le monde a besoin à la tête des Nations Unies d’un homme qui sait reconnaître la justice même quand elle dérange.

À ceux qui mettent en avant les difficultés de son dernier mandat pour tenter de discréditer cette candidature, je réponds avec la même franchise : si le passé n’a pas été jugé avec lucidité et honnêteté, alors je préfère laisser l’avenir s’exprimer à ma place.

Le gouvernement d’un pays traversé par des tensions politiques majeures n’est jamais une promenade de santé.

Aucun dirigeant, sur aucun continent, n’a exercé le pouvoir dans une période de crise sans prendre des décisions discutables, sans faire face à des reproches légitimes.

Ce qui différencie les hommes d’État des hommes de pouvoir, c’est ce qu’ils font de ces moments-là : les assument-ils ? Les dépassent-ils ? Permettent-ils à leur pays d’avancer ?

Macky Sall a permis l’alternance. C’est la réponse la plus définitive que l’histoire puisse offrir.

Et si certains au Sénégal s’opposent à cette candidature, c’est le droit le plus élémentaire de la démocratie que de permettre le débat.

Mais ce débat interne ne saurait occulter ce que la communauté internationale voit : un homme crédible, un interlocuteur fiable, une personnalité dont le carnet d’adresses diplomatiques couvre les cinq continents et dont la parole est respectée dans les chancelleries d’Europe, d’Amérique, d’Asie et d’Afrique.

Il faut aussi dire clairement ce que cette candidature incarne au-delà de la personne : elle porte une revendication légitime, historique et urgente de tout un continent, exprimée par la voix du président en exercice de l’Union africaine, cette même voix qui a présenté la candidature de Macky Sall à l’ONU.

L’Afrique n’a pas compté de Secrétaire Général depuis Kofi Annan, dont le second mandat s’est achevé en 2006. Vingt ans.

Vingt ans durant lesquels le continent le plus directement affecté par les crises climatiques, les conflits armés, les pandémies et les inégalités mondiales a été absent de la direction de l’institution censée y répondre.

Cette absence n’est pas un détail administratif. C’est une injustice structurelle qui affaiblit les Nations Unies elles-mêmes, en les privant du regard, de l’expérience et de la légitimité que seule la représentation véritable peut conférer.

Porter Macky Sall à la tête de l’ONU, ce n’est pas faire un cadeau à l’Afrique. C’est rendre aux Nations Unies une part de leur universalité confisquée.

Nous vivons une époque où le multilatéralisme est attaqué de toutes parts, contesté par des souverainismes agressifs, fragilisé par des rivalités de grandes puissances qui semblent avoir oublié les leçons des guerres mondiales.

Dans ce contexte, le prochain Secrétaire Général ne peut pas être un simple fonctionnaire international de haut rang. Il doit être un visionnaire, un réconciliateur, un homme capable de parler à Pékin et à Washington, à Moscou et à Bruxelles, aux capitales africaines et aux petits États insulaires menacés par la montée des eaux.

Il doit être un homme dont la légitimité transcende les blocs et les alliances. Macky Sall est cet homme.

La Fondation Trophée de l’Africanité a pour vocation d’honorer ceux qui font grandir l’Afrique aux yeux du monde.

Aujourd’hui, c’est le monde que nous invitons à grandir aux yeux de l’Afrique, en reconnaissant dans Macky Sall ce qu’il est réellement : un serviteur de l’intérêt général, un diplomate de premier rang, un démocrate qui a prouvé ses convictions par ses actes, et un fils d’Afrique prêt à porter, avec humilité et avec force, le flambeau de l’humanité toute entière.

L’Histoire nous regarde. Nos enfants nous regardent. Ce moment appartient à ceux qui osent choisir. Alors, qui sera le prochain Secrétaire Général des Nations Unies ? La parole est à vous.

What if the United Nations finally chose Africa? By Nasrallah Belkhayate, President of the Africanity Trophy Foundation.

I want to begin by stating a truth that too many diplomatic speeches tend to soften: the world is not doing well.

It is not doing well because the multilateral institutions that were meant to safeguard it have gradually lost the language of fairness.

It is not doing well because the voices of the peoples of the Global South—those who represent the majority of humanity—are systematically marginalized in the major decisions that determine their destiny.

It is not doing well because the position of Secretary-General of the United Nations, meant to embody universality, has for too long been shaped within narrow geographies, within circles of familiarity that exclude more by habit than by conviction.

This world needs a shock of legitimacy. It needs a new voice. It needs Macky Sall.

I know this man. I have observed him, listened to him, studied him through the lens of what our Foundation has always sought to measure: not words, but actions.

Not postures, but trajectories. And what Macky Sall’s trajectory reveals is something rare in today’s global political landscape: an absolute consistency between proclaimed values and actual decisions.

This man governed Senegal for twelve years, steered a complex, diverse, and demanding nation, and left with his head held high, through the front door of democratic transition.

On a continent where some still confuse the presidential seat with a hereditary throne, Macky Sall chose to relinquish power, to respect the Constitution, to honor the verdict of the ballot box.

That gesture is not insignificant. It is foundational. It is the act of a statesman in the noblest sense of the term—someone who understands that legitimacy is not declared; it is earned and safeguarded.

But I do not wish to limit my analysis to the sole argument of democratic virtue, valuable as it may be.

Because Macky Sall is far more than a president who knew how to step down.

He is an architect of African diplomacy, one that the continent urgently needs on the global stage.

During his tenure as Chairperson of the African Union in 2022, he championed causes that still resonate: the reform of global finance, the IMF’s Special Drawing Rights long monopolized by a few, the permanent representation of Africa on the Security Council—this institutional injustice whereby the youngest and soon most populous continent remains absent from the table where decisions of war and peace are made.

These battles were not fought out of calculation. They were fought because they are just. And the world needs, at the head of the United Nations, a man who knows how to recognize justice—even when it is inconvenient.

To those who highlight the difficulties of his final term in an attempt to discredit this candidacy, I respond with the same frankness: if the past has not been judged with clarity and honesty, then I would rather let the future speak for me.

Governing a country marked by major political tensions is never an easy task.

No leader, on any continent, has exercised power in times of crisis without making debatable decisions, without facing legitimate criticism.

What distinguishes statesmen from mere holders of power is what they do in those moments: do they take responsibility? Do they rise above them? Do they allow their country to move forward?

Macky Sall enabled democratic transition. That is the most definitive answer history can provide.

And if some in Senegal oppose this candidacy, it is the most fundamental right of democracy to allow debate.

But this internal debate must not obscure what the international community sees: a credible man, a reliable interlocutor, a figure whose diplomatic network spans all five continents and whose voice is respected in the chancelleries of Europe, America, Asia, and Africa.

It must also be clearly stated what this candidacy represents beyond the individual: it carries the legitimate, historic, and urgent claim of an entire continent, expressed by the voice of the current Chairperson of the African Union—the very voice that presented Macky Sall’s candidacy to the United Nations.

Africa has not had a Secretary-General since Kofi Annan, whose second term ended in 2006. Twenty years.

Twenty years during which the continent most directly affected by climate crises, armed conflicts, pandemics, and global inequalities has been absent from the leadership of the institution meant to address them.

This absence is not a minor administrative detail. It is a structural injustice that weakens the United Nations itself, depriving it of the perspective, experience, and legitimacy that only true representation can provide.

Bringing Macky Sall to the head of the UN is not doing Africa a favor. It is restoring to the United Nations a part of its confiscated universality.

We are living in a time when multilateralism is under attack from all sides, challenged by aggressive sovereignties, weakened by rivalries among major powers that seem to have forgotten the lessons of the world wars.

In this context, the next Secretary-General cannot be merely a high-ranking international civil servant. He must be a visionary, a reconciler, a man capable of speaking to Beijing and Washington, to Moscow and Brussels, to African capitals and to small island states threatened by rising seas.

He must be a man whose legitimacy transcends blocs and alliances. Macky Sall is that man.

The Africanity Trophy Foundation aims to honor those who elevate Africa in the eyes of the world.

Today, it is the world we invite to rise in the eyes of Africa, by recognizing in Macky Sall what he truly is: a servant of the common good, a leading diplomat, a democrat who has proven his convictions through action, and a son of Africa ready to carry, with humility and strength, the torch of all humanity.

History is watching us. Our children are watching us. This moment belongs to those who dare to choose.

So, who will be the next Secretary-General of the United Nations? The floor is yours.

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