Edito

Pourquoi l’ONU et les femmes n’avancent pas ? Le grand décalage.

Femmes d'Afrique : Créons le Changement

Aujourd’hui, une question qui fâche, mais qu’il faut poser. Pourquoi, malgré des décennies de résolutions, de sommets et de promesses, sentons-nous que l’ONU et les femmes tournent en rond ?

« Bonjour à tous. Je suis Nasrallah Belkhayate. Et aujourd’hui, je veux être franc avec vous. On me demande souvent : « Monsieur Belkhayate, pourquoi l’ONU parle-t-elle tant des femmes, mais pourquoi rien ne change vraiment sur le terrain ? »

C’est la question du siècle. Et la réponse est brutale : Parce que nous avons confondu « parler » et « agir ».
Depuis des années, l’Organisation des Nations Unies produit des rapports impeccables.

Ils ont fixé des objectifs nobles. Ils ont créé des journées internationales. Sur le papier, l’égalité est là. La paix est prévue. La protection du climat est actée.

Mais regardez la réalité. Regardez une femme au Sahel qui doit marcher dix kilomètres pour trouver de l’eau pendant qu’on discute de son autonomie à New York. Regardez une mère en République Démocratique du Congo qui tente de protéger ses enfants des conflits armés pendant que des diplomates signent des cessez-le-feu qui ne tiennent pas deux jours.

Le problème, ce n’est pas le manque de bonnes intentions. C’est le manque de pouvoir réel donné aux femmes.
L’ONU avance lentement, trop lentement, parce que sa structure reste verticale. On décide pour les femmes, rarement avec elles, et presque jamais par elles.

On invite des femmes à la table des négociations comme on invite des décorations : pour faire belle figure, pour respecter un quota de 30%, mais sans leur donner le micro, sans leur donner le stylo pour signer les accords, et surtout, sans leur donner le budget pour les appliquer.

Nous, à la Fondation Trophée de l’Africanité, nous voyons ce décalage chaque jour.

Les femmes africaines ne sont pas en attente de sauvetage. Elles sont déjà en train de sauver leurs communautés. Elles gèrent l’agriculture, elles maintiennent la cohésion sociale, elles innovent face au climat. Elles sont le moteur. Mais le frein à main est toujours tiré par des structures lourdes, bureaucratiques, qui ont peur de lâcher prise.

Pourquoi ça n’avance pas ?

Parce que la parole n’est pas suivie de fonds. On promet des milliards pour l’autonomisation des femmes, mais l’argent reste bloqué dans les circuits intermédiaires des grandes ONG internationales, sans jamais atteindre la coopérative de femmes au village.

Parce que la sécurité est négligée. Comment une femme peut-elle devenir leader politique ou entrepreneuriale si elle risque sa vie dès qu’elle sort de chez elle ? L’ONU parle de paix, mais ne protège pas assez celles qui la construisent au quotidien.

Et surtout, parce qu’on sous-estime leur intelligence stratégique. On pense encore que la femme est la « victime » à secourir, et non la « stratège » capable de résoudre le conflit.

Alors, que devons-nous faire ? Faut-il abandonner l’ONU ? Non. Mais il faut la bousculer.

C’est tout le sens de la création de notre Lobby des Dames d’Afrique pour la Paix.

Nous ne sommes pas là pour attendre la prochaine résolution. Nous sommes là pour créer nos propres solutions, nos propres réseaux, et forcer les portes.

Nous disons aux institutions internationales : « Arrêtez de nous étudier comme des sujets de recherche. Commencez à nous écouter comme des partenaires décisionnels. »

Si l’ONU veut enfin avancer, elle doit accepter de se réformer en profondeur.

Elle doit passer d’une logique de « charité » à une logique de « justice » et de « partenariat ».

Elle doit comprendre que la clé de la paix mondiale et de la sauvegarde de la planète ne se trouve pas dans les tours de verre de Manhattan, mais dans les mains calleuses et déterminées des femmes d’Afrique.

Le temps des discours est révolu.

Le temps de l’action radicale a commencé.

Et cette action, ce sont les femmes qui la mèneront, avec ou sans nous, mais idéalement, avec nous si nous acceptons enfin de leur céder la place.

Sauvons la planète, oui. Mais avec Elles.

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