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Macky Sall à l’ONU : pourquoi sa candidature gagne du terrain ?

Analyse géostratégique de Nasrallah Belkhayate

 

La perspective d’une candidature de Macky Sall au secrétariat général des Nations unies retient de plus en plus l’attention. Plusieurs facteurs convergent pour expliquer cet intérêt croissant, et chacun éclaire une facette de ce qui rend ce profil singulier dans le paysage diplomatique actuel.

Le premier atout tient au moment. Le principe d’une rotation régionale, bien qu’informel, pèse traditionnellement dans la désignation du secrétaire général, et l’argument selon lequel l’Afrique n’a plus occupé ce poste depuis Kofi Annan trouve un écho grandissant.

Dans un contexte où les pays du Sud global réclament une représentation plus juste au sein des instances internationales, un candidat africain expérimenté arrive à un instant où cette revendication est plus audible que jamais. Le timing, en diplomatie, fait souvent la différence entre une candidature de principe et une candidature qui s’impose.

Le deuxième atout est le parcours. Macky Sall n’est pas un nouveau venu sur la scène internationale. Sa présidence de l’Union africaine, sa gestion de dossiers continentaux sensibles et son expérience de chef d’État durant douze ans lui confèrent une stature et une connaissance fine des rouages diplomatiques que peu de prétendants peuvent revendiquer.

Cette crédibilité institutionnelle séduit ceux qui recherchent un profil capable de dialoguer d’égal à égal aussi bien avec les grandes puissances qu’avec les nations émergentes, une qualité rare et précieuse pour une fonction qui exige avant tout l’art du compromis.

Le troisième atout est son discours de réforme. Sa vision d’un multilatéralisme « refondé » répond à une lassitude largement partagée face à une ONU souvent perçue comme paralysée et héritière d’un ordre mondial dépassé.

En portant cette critique, Macky Sall ne se contente pas de proposer sa personne : il propose un projet. Et ce projet rejoint les attentes de nombreux États, mais aussi d’acteurs de la société civile qui aspirent à une gouvernance mondiale plus représentative et plus efficace.

Un candidat porteur d’une vision pèse toujours davantage qu’un candidat porteur d’un simple curriculum.

Le quatrième atout réside dans un bilan qui donne du corps à son discours, notamment en matière de promotion des femmes et de la jeunesse.

Les nominations de femmes à de hautes fonctions au Sénégal et son soutien à des initiatives éducatives continentales offrent des références concrètes.

Cette cohérence entre les actes et les paroles distingue son plaidoyer d’une simple posture : elle ancre ses engagements dans une expérience vérifiable, ce qui renforce sa crédibilité auprès d’interlocuteurs habitués aux promesses sans lendemain.

Le cinquième atout, enfin, tient à la dynamique de soutien elle-même. Plus la candidature est évoquée, plus elle suscite l’intérêt de réseaux variés, diaspora africaine, milieux universitaires, organisations de la société civile, cercles diplomatiques.

Cet effet d’entraînement compte : une candidature qui fait parler d’elle devient une candidature que les chancelleries ne peuvent plus traiter avec indifférence. L’attention crée la légitimité, et la légitimité nourrit à son tour l’attention.

Et si la candidature de Macky Sall séduit de plus en plus, c’est parce qu’elle réunit le bon timing, une expérience reconnue, une vision claire, le soutien attentif d’une élite influente de la communauté internationale, ainsi qu’un bilan concret et tangible.

Cette convergence, à la fois rare et significative, explique pourquoi un nombre croissant d’observateurs et d’acteurs considèrent désormais cette candidature comme une évidence qui s’impose progressivement.

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