

La Fondation Trophée de l’Africanité présente le rapport officiel de la 5ème édition du Sommet de l’Africanité, événement panafricain majeur consacré au leadership féminin et à la restauration de la dignité africaine. Tenu du 5 au 7 juin 2026 à l ‘Université Mohammed V de Rabat, capitale du Royaume du Maroc, ce sommet a réuni en présence des ambassadeurs de la Guinée Bissau, du Burkina Faso, des Comores et des représentants des ambassade de Chine, du Kazaghstan, du Congo, du Mali et aussi des décideurs publics, chercheurs universitaires ,diplomates et représentants d’institutions internationales venus d’Afrique et de la diaspora.
Le continent africain traverse une période de transformations économiques, sociales et technologiques sans précédent. Dans ce contexte, le leadership féminin demeure un levier structurant du développement et un facteur essentiel de prospérité partagée, de paix durable et de transformation inclusive.
Cependant, les femmes africaines continuent de faire face à des obstacles structurels, institutionnels et culturels qui limitent leur accès aux ressources, aux opportunités et aux espaces décisionnels.
Au-delà des échanges et des constats, le 5ème Sommet de l’Africanité a mis en lumière une conviction forte : le temps des discours est révolu. L’heure est à la transformation concrète et mesurable. Les gouvernements, les institutions internationales, le secteur privé et la société civile doivent passer de l’énoncé des principes à la mise en œuvre de politiques et de programmes opérationnels.
Les participantes et participants ont lancé un appel unanime à l’action, invitant tous les acteurs à transformer les recommandations formulées en mesures concrètes et durables.
Le Sommet a structuré ses travaux autour de dix axes stratégiques couvrant l’ensemble des dimensions du leadership féminin en Afrique. L’autonomisation économique demeure l’un des obstacles majeurs à l’entrepreneuriat féminin, nécessitant le développement d’instruments financiers adaptés et l’accès aux marchés publics et privés.

L’éducation de qualité constitue le fondement du leadership féminin, appelant une augmentation significative des investissements dans la formation initiale et continue, particulièrement dans les domaines scientifiques et technologiques. La révolution numérique offre des opportunités sans précédent, mais aussi des risques d’exclusion, rendant nécessaire l’accès équitable des femmes aux technologies émergentes et à l’intelligence artificielle.
Le développement territorial inégal renforce les disparités de genre, exigeant une approche territoriale garantissant l’accès équitable aux infrastructures et aux opportunités économiques. La présence des femmes dans les instances décisionnelles reste insuffisante, justifiant des mesures affirmatives et la transformation des cultures organisationnelles.
La coopération africaine constitue un levier majeur de développement, nécessitant le renforcement des réseaux de femmes leaders et l’échange de bonnes pratiques. Les femmes jouent un rôle crucial dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix, justifiant leur implication systématique dans les processus de médiation.
L’absence de cadres légaux protecteurs demeure un obstacle majeur, appelant l’harmonisation des législations nationales et la lutte contre les violences de genre. Le continent souffre d’un déficit de narration positive, nécessitant la valorisation des réussites féminines africaines. Enfin, l’absence de mécanismes de suivi affaiblit l’impact des engagements, justifiant la création d’observatoires régionaux et continentaux.
La Déclaration de Rabat du 6 juin 2026 invite et engage les acteurs de la société civile à transformer le leadership féminin africain.
Les gouvernements doivent intégrer le genre dans tous les domaines de politique publique, augmenter les budgets alloués à l’égalité des genres à minimum cinq pour cent du budget national, renforcer les cadres légaux et créer des institutions de suivi.
Le secteur privé doit augmenter le financement de l’entrepreneuriat féminin, promouvoir l’égalité salariale et professionnelle, soutenir l’accès des femmes aux postes de direction, intégrer la dimension de genre dans les chaînes de valeur et investir dans la technologie et l’innovation.
Les institutions internationales doivent augmenter le soutien financier et technique, promouvoir la coopération Sud-Sud, renforcer le plaidoyer en faveur de l’égalité des genres, créer des mécanismes de suivi et soutenir la recherche et l’innovation.
La société civile et les organisations de femmes doivent renforcer le plaidoyer et la mobilisation, créer des réseaux de solidarité, documenter et valoriser les réussites, soutenir les jeunes femmes et promouvoir l’éducation civique. Les médias et créateurs de contenu doivent valoriser les réussites féminines africaines, combattre les stéréotypes, créer des contenus éducatifs, soutenir les femmes journalistes et promouvoir la narration africaine.
La mise en œuvre des recommandations sera suivie par un observatoires panafricain et continental, proposé par la représentante du Mali Madame Assitan Simparé, chargé de collecter des données, analyser les tendances, produire des rapports annuels et faciliter l’apprentissage.
Des indicateurs mesurables seront utilisés pour évaluer les progrès, notamment le taux de scolarisation des filles dans l’enseignement supérieur, le taux d’activité des femmes, la proportion de femmes entrepreneurs, la représentation des femmes dans les parlements et gouvernements, l’égalité salariale et l’accès à la justice.

À court terme, des plans d’action nationaux seront élaborés, les ressources mobilisées et des projets pilotes lancés. À moyen terme, la mise en œuvre des plans d’action sera déployée avec suivi régulier et ajustements stratégiques. À long terme, une évaluation d’impact mesurera les changements réels dans la vie des femmes, assurant la pérennisation des initiatives.
Le 5ème Sommet de l’Africanité marque un tournant majeur dans la lutte pour le leadership féminin en Afrique. Au-delà des discours convenus, il affirme une vérité simple mais puissante : le changement est possible et dépend de nous.
Les recommandations formulées ne sont pas des vœux pieux mais des appels à l’action adressés à tous les acteurs. Chacun a un rôle à jouer, chacun a une responsabilité.
La Fondation Trophée de l’Africanité s’engage à accompagner cette transformation du récit narratif en faveur de la femme dans le monde, à être la gardienne des promesses faites à Rabat et le catalyseur des initiatives.
Le succès dépendra de la mobilisation collective, de la volonté politique des gouvernements, de l’engagement du secteur privé, de la détermination des femmes africaines elles-mêmes et de la solidarité de tous ceux qui croient en une Afrique plus juste, plus prospère et plus digne. Le moment est venu. L’Afrique a besoin du leadership des femmes. Et les femmes africaines sont prêtes.
Le 5ème Sommet de l’Africanité a marqué un moment historique avec la remise solennelle des Médailles d’Or de la Reconnaissance Africaine à une vingtaine de femmes leaders du continent, honneur suprême qui célèbre leur engagement exceptionnel en faveur du leadership féminin et du développement durable en Afrique. Ces femmes visionnaires, issues de secteurs variés — politique, économie, justice, santé, éducation et diplomatie — incarnent l’excellence africaine et constituent des modèles inspirants pour les générations futures.
Chacune de ces lauréates a démontré par ses actions concrètes et son dévouement inlassable que le changement est possible et que les femmes africaines sont les actrices principales de la transformation du continent. La Fondation Trophée de l’Africanité reconnaît en elles les meilleures ambassadrices de la dignité africaine et de l’égalité des genres. Parallèlement, deux Trophées de l’Africanité de la Paix ont été décernés à la Fondation Rita Zniber et à la Fondation Macky Sall, institutions de premier plan engagées dans la promotion de la paix, de la cohésion sociale et de l’autonomisation des femmes en Afrique.
La Fondation Rita Zniber, pionnière dans la lutte pour l’égalité des genres et l’éducation des filles, a transformé des millions de vies à travers ses programmes innovants et son plaidoyer incessant. La Fondation Macky Sall, dédiée à la consolidation de la paix et au développement humain, a contribué de manière remarquable à la stabilité et à la prospérité partagée dans la région.
Ces deux institutions exemplaires démontrent que la paix véritable naît de l’engagement collectif, de la solidarité africaine et de la conviction que les femmes et les jeunes sont les piliers de l’Afrique de demain. Cette cérémonie de reconnaissance symbolise l’engagement indéfectible de la Fondation Trophée de l’Africanité à valoriser les héros silencieux du continent et à inspirer une nouvelle génération de leaders africains.
Ensemble, ces femmes leaders et ces institutions fondatrices tracent la voie vers une Afrique plus juste, plus prospère et plus digne, où la paix et l’égalité des genres ne sont plus des aspirations mais des réalités ancrées dans les structures et les mentalités du continent.

Nasrallah Belkhayate
Président de la Fondation Trophée de l’Africanité



