La Fondation FTA innove avec la Médaille de la Coopération

Il y a des choses qui se construisent dans le silence des bureaux, loin des caméras et des discours de tribune. Des choses patientes, méthodiques, presque invisibles à l’œil nu, et qui pourtant changent le monde.
Les accords de coopération sont de ces choses-là. On ne les voit pas. On ne les photographie pas. On ne leur fait pas de standing ovation.
Et pourtant, ce sont eux qui tiennent debout les relations entre les nations, qui leur donnent une vie, une durée de vie.
C’est précisément ce travail-là — ce travail discret, continu, exigeant — que la Fondation Trophée de l’Africanité a choisi d’honorer en lançant la Médaille de la Coopération.
Et pour inaugurer cette distinction nouvelle, elle a choisi le Maroc et la Chine : la Médaille de la Coopération Maroc – Chine.
Depuis le 1er novembre 1958, date à laquelle le Royaume du Maroc et la République Populaire de Chine ont établi leurs relations diplomatiques, deux civilisations ont appris à se regarder, à se comprendre, à travailler ensemble.
Ce n’est pas une histoire linéaire. Ce n’est pas un fleuve tranquille. C’est une relation qui a connu ses accélérations et ses pauses, ses élans et ses prudences. Mais ce qui frappe, quand on la regarde dans sa totalité, c’est sa profondeur.
Sa capacité à s’étendre, à se ramifier, à toucher des domaines de plus en plus nombreux, de plus en plus intimes. Comme si chaque accord signé ouvrait la porte à dix autres, comme si chaque coopération réussie appelait une nouvelle ambition.
Le tournant décisif est venu en mai 2016, quand Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le Président Xi Jinping ont signé à Pékin la déclaration conjointe établissant un partenariat stratégique entre les deux pays.
Ce mot, stratégique, n’est pas un mot de façade. Il dit quelque chose de réel : la décision de deux États de ne plus se contenter d’échanges ponctuels, mais de construire ensemble une vision à long terme.
Depuis ce jour, les accords se sont multipliés avec une régularité qui témoigne d’une volonté politique soutenue, d’un engagement qui ne se dément pas.
Dans le domaine économique d’abord, la Chine est devenue le premier fournisseur du Maroc et son troisième partenaire commercial. Ce n’est pas un chiffre abstrait. Derrière ce chiffre, il y a des usines, des emplois, des chaînes de valeur qui relient Casablanca à Shanghai, Tanger à Shenzhen.
La Cité Mohammed VI de Tanger Tech, ce hub industriel de près de mille hectares conçu en partenariat avec des groupes chinois, incarne mieux que tout discours la réalité de cette coopération.
Des gigafactories de batteries pour véhicules électriques, des unités de fabrication de pneus, des industries de la mobilité verte — tout cela s’installe sur le sol marocain grâce à des accords conclus avec des groupes comme Gotion High-Tech, Sentury Tire, BTR New Material. Ce n’est pas de la coopération de façade. C’est de la coopération industrielle, concrète, transformatrice.
Dans le domaine de l’énergie ensuite, les entreprises chinoises ont participé à la construction des centrales solaires Noor, à celle de parcs éoliens, à des projets d’infrastructure hydraulique. En septembre 2024, les deux pays ont signé un accord spécifique sur la coopération dans le domaine des ressources en eau — un domaine vital pour un pays comme le Maroc, qui fait face aux défis du changement climatique avec une lucidité que le monde entier devrait lui envier.
Et les perspectives de l’hydrogène vert, dans lesquelles le Maroc investit avec une ambition remarquable, ouvrent un nouveau chapitre de cette coopération énergétique dont on ne voit encore que les premiers chapitres.
Mais la coopération sino-marocaine ne se réduit pas à des chiffres et à des usines. Elle a aussi une âme. En juin 2024, les ministres de la culture des deux pays ont signé le programme exécutif de coopération culturelle 2024-2028, couvrant le cinéma, les industries culturelles, les jeux vidéo, les échanges artistiques.
Trois instituts Confucius ont ouvert leurs portes au Maroc, diffusant la langue et la pensée chinoises dans des universités marocaines où des étudiants apprennent le mandarin avec la même ardeur que leurs aînés apprenaient le français ou l’anglais.
Des artisans marocains ont exposé leur savoir-faire à Shanghai lors du Forum international pour la préservation du patrimoine culturel immatériel. Des artistes des deux pays se croisent, s’influencent, se découvrent. La culture, dit-on souvent, est le dernier rempart contre l’incompréhension.
Le Maroc et la Chine ont compris cela.
Il y a aussi la coopération judiciaire, avec un plan d’action 2024-2025 signé entre les deux ministères de la justice. La coopération académique, avec des bourses, des échanges universitaires, des programmes de formation. La coopération militaire, discrète mais réelle.
Et ce mémorandum d’entente signé en septembre 2025, qui a ouvert la voie à un dialogue stratégique évalué à près de soixante milliards de dollars d’investissements potentiels — un chiffre qui donne le vertige et qui dit, mieux que tout, l’ampleur de ce que les deux pays ont décidé de construire ensemble.
C’est tout cela que la Médaille de la Coopération Maroc-Chine vient honorer.
Non pas un accord en particulier, mais l’ensemble. Non pas un geste isolé, mais une trajectoire. Non pas un moment, mais une durée. Elle vient dire que derrière chaque signature, il y a des hommes et des femmes qui ont travaillé, négocié, convaincu, persévéré.
Des diplomates qui ont passé des nuits à rédiger des textes. Des techniciens qui ont traversé des océans pour comprendre comment l’autre fonctionne. Des entrepreneurs qui ont pris des risques. Des enseignants qui ont transmis une langue étrangère avec la conviction que les mots sont des ponts.
La Fondation Trophée de l’Africanité, forte du succès croissant de son Sommet devenu une référence internationale, choisit d’inaugurer sa Médaille de la Coopération à travers ce partenariat exemplaire, au moment où les deux pays s’apprêtent à célébrer, fin juin 2026, une nouvelle étape majeure de leur relation bilatérale.
Ce choix n’est pas fortuit. Il traduit une conviction profonde : les grandes coopérations méritent d’être reconnues, nommées et célébrées. Le travail patient de celles et ceux qui bâtissent des ponts entre les peuples constitue, en lui-même, une forme d’excellence et de grandeur contemporaine.
Certes, de nombreuses initiatives à travers le monde méritent d’être distinguées par une telle médaille de la coopération. Mais il s’agit avant tout d’un devoir de reconnaissance, sans frontières, envers tous ceux qui transforment les accords en actions concrètes et les partenariats en progrès partagés.



